Ce soir, La Une enquête sur l'invasion de l'Irak

Ce soir, La Une enquête sur l'invasion de l'Irak
television01/02/2010 10h17

L'invasion de l'Irak par l'administration Bush et ses alliés reposait sur un coup monté. Démonstration.

L'invasion de l'Irak par l'administration Bush et ses alliés reposait sur un coup monté. Démonstration.

Le 19 mars 2003, les premières bombes américaines tombent sur Bagdad. La première grande guerre du 21e siècle est lancée. Elle est basée sur un mensonge, une énorme manipulation à l'intérieur comme à l'extérieur du Pentagone. Elle est aussi le révélateur de la puissance du complexe militaro-industriel américain qui n'attendait qu'une équipe au pouvoir acquise à sa cause pour déployer tout son potentiel de destruction. Alors que la fin de la guerre froide a fait renaître des espoirs de nouvelle paix mondiale chez les idéalistes, cette bureaucratie, elle, a cru y voir un feu vert à l'interventionnisme américain débridé. Depuis la fin du conflit latent avec l'URSS, les budgets militaires américains n'ont d'ailleurs fait qu'augmenter et représentent actuellement 75 % des dépenses militaires de la planète.

Les hommes-clés de cette mainmise de l'industrie militaire sur le Pentagone sont le vice-président Dick Cheney et le secrétaire d'Etat à la Défense, Donald Rumsfeld. Dès leur entrée en fonction, les deux premiers ordres donnés sont d'arrêter la surveillance de la famille royale d'Arabie Saoudite, suspectée de financer le terrorisme islamiste, et l'arrêt de la collaboration entre FBI et CIA sur la même question du terrorisme. Autrement dit: tout mettre en place pour favoriser l'émergence de cette "menace extérieure" qui se manifestera, de manière très spectaculaire, le 11 septembre 2001. Les USA avaient trouvé cet ennemi extérieur qui justifiait la mise en branle de l'effort de guerre, pour le plus grand plaisir de ce fameux complexe militaro-industriel.

Restait à trouver la cible à attaquer. Ce jour-là, le 11 septembre, Cheney et Rumsfeld savent déjà que ce sera l'Irak. Il ne reste plus qu'à conditionner les esprits, avec l'aide d'une presse abreuvée d'infos sur la dangerosité de Saddam Hussein. Cette démonstration, on la retrouve dans cet éclairant documentaire signé Mathieu Verboud, un journaliste sérieux. Elle est étayée par les témoignages de l'écrivain Joe Trento et, surtout, de l'ancienne militaire de carrière Karen Kwiatkowski. Elle s'étonne, par exemple, de découvrir à son arrivée au sein du département Moyen-Orient du Pentagone, en mai 2002, que les plans d'invasion de l'Irak sont déjà prêts. Ils en sont même à leur deuxième mouture. Un fait révélateur parmi de nombreux autres. Et, au final, un triste constat: les "nouvelles guerres", menées contre des ennemis insaisissables, sont loin d'être terminées. Elles sont trop bonnes pour les petites affaires de certains grands de ce monde.

1er février: 23h10 LA UNE La cabale
Pascal De Gendt

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