
Ultra tendance dans nos assiettes, le sushi provoque un véritable carnage dans nos océans.
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Ultra tendance dans nos assiettes, le sushi provoque un véritable carnage dans nos océans.
Trois journalistes français s’y sont mis pour décortiquer la recette de poisson la plus populaire de ce siècle. En plaçant le sushi au cœur d’un documentaire aussi passionnant qu’alarmant, ils crient tout haut ce que beaucoup pensent tout bas: les océans ne tiendront plus le coup bien longtemps. Et la gigantesque industrie du sushi risque, elle, de se noyer aussi vite qu’elle s’est émancipée…
Du riz, du poisson et quelques épices: sa préparation est à la fois simpliste, saine (grâce aux oméga 3) et exotique. Le sushi est devenu un produit de mode dans le monde entier. Rien qu’au Japon, on dénombre quelque 35.000 bars à sushis. A Londres, Los Angeles, Shanghai, Rio ou même Bruxelles, le phénomène est tout aussi impressionnant, et d’autant plus inattendu que personne ne l’a vraiment vu arriver. Le sushi a conquis la planète sans promotion outrancière. Le bouche à oreille a suffi pour faire de lui le symbole moderne de la "world food".
Le souci? Les poissons n’arrivent pas à suivre. En 40 ans, la production a augmenté de 60 %, mais les animaux marins, eux, n’ont pas pondu plus que de coutume pour satisfaire nos attentes gastronomiques. Un rythme de consommation effréné, synonyme d’horreur écologique et de carnage océanique. Un spécialiste interrogé avance une hypothèse éclairante: on estime qu’avant 2050, en refusant de ralentir la cadence, la quasi-totalité des espèces commerciales aura disparu.
La mode du sushi a donc sévi au mauvais moment, nageant dans un contexte écologique des plus préoccupants. Le documentaire utilise le thon rouge comme fil conducteur, pariant sur sa disparition imminente en raison des énormes intérêts financiers qui sont en jeu. Car il ne faut pas se leurrer: de nombreux pêcheurs ou chefs d’industrie se fichent pas mal de la biodiversité. Pire: certains d’entre eux vident complètement les océans dans l’illégalité la plus totale, se posant en véritables "traders de la mer" sans scrupules ni raison.
Le documentaire interroge à la fois les pêcheurs, les restaurateurs, les défenseurs de la cause environnementale et les scientifiques. Si le sushi occupe une grande place, c’est l’industrie marine tout entière qui est analysée. Les multinationales en prennent pour leur grade. Tout comme les poissons, assaillis chaque jour par des centaines de chalutiers. "Aujourd’hui, il y a deux à trois fois trop de bateaux dans nos mers", dénonce un spécialiste. "Un jour viendra où les gens penseront que la nourriture pousse dans les supermarchés", ose une autre intervenante. Et au milieu coule une rizière…
Nicolas Balmet
11 février: 20h45 BE 1 Global sushis: Demain nos enfants mangeront des méduses
Tags: Cinéma, Ladies@the movies, Kinépolis, filles, sushi, mondialisation, world food
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