Ce soir, la Une enquête sur les mères infanticides

Ce soir, la Une enquête sur les mères infanticides
television10/03/2010 12h00

Comment peut-on en arriver à tuer son propre enfant? Une journaliste a interrogé des coupables pour comprendre.

Comment peut-on en arriver à tuer son propre enfant? Une journaliste a interrogé des coupables pour comprendre.

Horrifiants et incompréhensibles, les infanticides déchaînent les passions. Lorsqu'ils se déroulent, ils attirent la lumière des projecteurs. Souvenez-vous de l'affaire Geneviève Lhermitte… Dominique Burge, journaliste pour Questions à la une, a voulu dépasser le fait divers et est partie à la rencontre de ces parents qui sont, aujourd'hui, en prison ou en liberté conditionnelle. Avec l'aide d'experts, elle a tenté de comprendre l'impensable.

L'infanticide est un sujet très délicat à aborder…
Dominique Burge. - Effectivement, c'est l'un des derniers tabous de notre société. Les professionnels du monde médical et judiciaire ne m'ont pas semblé très à l'aise avec ce sujet. Ils me recevaient volontiers pour partager leurs connaissances. Mais convaincre des personnes de collaborer n'a vraiment pas été aisé. Nous aurions dû filmer certaines réactions très révélatrices quand on annonçait qu'on préparait un sujet sur les parents infanticides.

Pourquoi avoir privilégié le témoignage des parents?
On ne les entend jamais, à part pendant les procès. Et les questions qui leur sont posées n'ont rien à voir avec celles d'un journaliste. C'est l'originalité du sujet: faire émerger la parole de ces parents, ainsi que celle des professionnels qui sont amenés à les rencontrer.

Vous avez voulu éviter tout traitement émotionnel.
Oui: face à de tels drames, l'opinion publique réagit avec ses tripes. Nous ne voulions ni juger, ni excuser mais tenter de comprendre. Les gens sont traumatisés après ce genre d'actes. Leur donner des éléments de compréhension, c'est leur permettre de prendre un peu de distance et d'avoir moins mal. Nous n'avons pas pu rencontrer Geneviève Lhermitte. Ceci dit, nous ne voulions pas traiter d'histoires trop médiatisées. Il y a des dizaines de parents infanticides dans nos prisons, en défense sociale ou en libération conditionnelle.

Vous enquêtez aujourd'hui sur la sous-estimation des infanticides dans les décès des nourrissons.
L'étude des morts suspectes de nourrissons avant l'âge de un an, réalisée par une épistémologiste française, nous a interpellés. Elle a détecté une sous-estimation des homicides. Des médecins légistes belges nous l'ont confirmée. Il existe des confusions lors de la certification des décès. D'autant plus qu'en Belgique, l'autopsie n'est pas obligatoire sur des bébés décédés de morte subite.
Quentin Noirfalisse

10 mars: 20h20 LA UNE Questions à la une: les mères infanticides

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