
Entre rêve et réalité, le petit écran sublime l'art culinaire comme jamais, grâce à une subtile remise au goût du jour.
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Top. Mains en l'air! Plus personne ne touche à rien!" Cet ordre qui fuse n'est pas tiré de la dernière série américaine à la mode mais de Top Chef, ultime trouvaille née du mariage radieux entre la télé et l'univers de la cuisine. La phrase rituelle est plusieurs fois lancée chaque lundi par Stéphane Rotenberg aux cuisiniers pros soumis à des épreuves chronométrées suivies des jugements sévères et sans appel de quatre grandes toques françaises. Et le public se régale! 3,2 millions de Français et 330.000 Belges francophones (un téléspectateur sur quatre) ne manquent plus une miette des presque trois heures hebdomadaires de compétition inventive et acharnée avec, à la clé, 100.000 euros de gain.
On est loin des pompeux Art et magie de la cuisine du pionnier Raymond Oliver en 1953 ou du corps à corps de Maïté avec ses anguilles rebelles de la Cuisine des Mousquetaires lancée en 1983. Mais on est toujours dans l'idylle ininterrompue entre casseroles et caméras, relancée par la dernière décennie, particulièrement roborative en nouvelles tendances dans le prêt-à-cuisiner télé. Celui-ci fut joyeusement dynamité au début du millénaire par Jamie Oliver. Le cool cooker anglais a brisé les codes, désacralisé l'art culinaire et commencé à décomplexer le téléspectateur. Celui-ci découvre un jeune "chef nu" (naked chef signifie "sans toque") mitonnant, de retour de nuit blanche, un en-cas inventif pour ses potes ou secouant la marmite des cantines des écoles anglaises.
Depuis lors, Jamie Oliver pèse 10 shows télé exportés dans 35 pays, 15 bouquins et une Jamie Kitchen Academy. Mais il a surtout été le nouveau souffle annonciateur et précurseur de l'actuelle sarabande autour des fourneaux. De Dîner presque parfait en concours façon Top Chef ou Masterchef en préparation chez TF1, partout l'univers de la cuisine fait recette. Dans le robot ménager télé, placez un coulis de téléréalité qui met en scène des anonymes, quelques morceaux de pédagogie et trucs culinaires, ainsi que quelques bonnes cuillerées de suspense de jeu télé. Centrifugez quelques heures et servez frais en avant-soirée ou soirée. Une tendance aux poêles capable de fédérer un large public, au-delà des gourmands ou gourmets. Son succès repose également sur trois ingrédients propres à l'art de vivre actuel.
"La génération des 20-40 ans actuels n'a pas profité de transfert de culture gastronomique venant de la génération précédente, affirme-t-il. Incultes en cuisine, ces jeunes se réveillent aujourd'hui avec d'une part l'envie de redécouvrir la cuisine au quotidien, d'autre part de s'adonner à l'art de la table comme loisir reconnu, tout comme la photo ou le macramé." Avec la télé comme aide précieuse à quiconque veut se réaliser par la cuisine, activité qui permet de s'affirmer à ses propres yeux et aux yeux des autres. Sans nuire à la restauration elle-même? "Pas du tout, estime De Pasquale. Quand vous commencez à vous intéresser à ce que vous mangez, vous cuisinez plus mais vous allez plus au restaurant, avec une nouvelle exigence. Tout le monde y gagne."
Tags: Top Chef, sexe, amour, couple, astuces, Un diner presque par, coquine, Jean-Luc PetitRenaud, En cuisine
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