Envoyé Spécial enquête sur la dépression

Envoyé Spécial enquête sur la dépression
television18/03/2010 13h28

Les anti-dépresseurs rejoignent le tabac et l'alcool au rayon des drogues dures légales. C'est une des conclusions que l'on peut tirer du premier reportage proposé ce soir par Envoyé Spécial.

Les anti-dépresseurs rejoignent le tabac et l'alcool au rayon des drogues dures légales. C'est une des conclusions que l'on peut tirer du premier reportage proposé ce soir par Envoyé Spécial.

Sur le mode du "on nous cache tout, on ne nous dit rien", le magazine phare de France 2 s'est intéressé de près à cette panacée au mal moderne. Comment appeler autrement un médicament consommé par des millions de personnes à travers le monde? En vingt ans, la prescription de Prozac et autres molécules similaires a littéralement explosé. Logique: la dépression a des airs de pandémie. Et une fois qu'on a trouvé le bon anti-dépresseur, la guérison est rapide et le malade peut très vite reprendre une activité normale.

Aveuglés par cette efficacité, nous n'avons pas porté assez d'attention à une découverte de l'université de Hull qui avait pourtant fait sensation. En se penchant sur les essais cliniques de six anti-dépresseurs très vendus, les chercheurs avaient tiré une conclusion surprenante: entre les groupes de patient ayant été traités avec une vraie pilule du bonheur et ceux à qui avait été administré un placebo, la différence dans les effets était minime. D'autres universités ont, par la suite, répété la même expérience et sont arrivées à la même conclusion. Ceci dit, le Prozac et compagnie sont bel et bien de vrais médicaments. Les effets secondaires sont là pour le prouver. A côté des désagréments physiques, des phénomènes de passage à l'acte violent ont été observés, sans être toutefois scientifiquement liés à la prescription du comprimé miracle.

Par contre, le phénomène d'addiction est, lui, bien reconnu. L'arrêt d'un traitement est souvent compliqué à vivre, symptômes de sevrage à l'appui. Malgré cela, la consommation n'arrête pas de grimper. Pour plusieurs raisons. La première est peut-être une moindre tolérance de notre époque à la souffrance psychique. Sachant qu'un traitement peut leur éviter des angoisses et du stress, les patients n'hésitent pas à le demander explicitement à leurs médecins. Et bien souvent, ceux-ci acceptent trop facilement. Seconde raison: les laboratoires pharmaceutiques misent beaucoup sur cette poule aux œufs d'or. Ce marché pèse des dizaines de milliards d'euros. Et, comme par hasard, parmi les médecins qui ont participé à la dernière définition internationale de la dépression, 100 étaient liés financièrement aux labos pharmaceutiques…

Pascal De Gendt

18 mars: 20h35 FRANCE 2 Envoyé spécial: Dépression, enquête sur une épidémie

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