
La musique noire au rythme de l'histoire, celle de la libération des Afro-américains. Un document passionnant.
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La musique noire au rythme de l’histoire, celle de la libération des Afro-américains. Un document passionnant.
I’m black and I’m proud" ("Je suis Noir et j’en suis fier"), chantait fiévreusement James Brown durant la turbulente année 68. "De n’importe quel pays, de n’importe quelle couleur, la musique est un cri qui vient de l’intérieur", enchaînait plus tard Bernard Lavilliers. Qu’elles servent de manifeste ou d’appel à la tolérance, les chansons ont souvent eu la vocation de titiller les consciences et de refléter les humeurs d’une société exaspérée. C’est particulièrement vrai pour la musique black, dont les racines se trouvent dans la chaleur étouffante des champs de coton et la voix des hommes enchaînés…
"Observer l’évolution du musicien noir américain, c’est observer le parcours de libération de l’Afro-Américain", affirme le journaliste Marc-Aurèle Vecchione. Judicieusement sous-titré Des chaînes de fer aux chaînes en or, son documentaire baptisé Black Music, ambitieux et fourni, s’est ainsi attelé à résumer près de deux siècles d’histoire par la voie des sons. Tout commence donc dans le sud de l’Amérique, où les work songs qui s’élèvent des exploitations de coton constituent la seule liberté accordée à l’esclave (pour leur donner du courage). De fil en musique, on plonge dans les entrailles d’une histoire bourrée de révoltes et de rythmes. Du blues à la soul, en passant par le jazz, le funk et enfin le hip-hop.
Les chapitres s’enchaînent et les époques défilent. Billie Holiday, Nina Simone ou Public Enemy sont les porte-drapeaux d’une longue mélodie dont les refrains finissent par résonner sur toute la planète. On traverse la ségrégation et les émeutes urbaines. On parcourt les années folles, la période Reagan ou l’ère Bush junior. Plus les décennies passent, plus les styles s’affirment, s’amplifient ou se radicalisent, en fonction de la densité du combat. On comprend alors comment les grands élans d’euphorie et de revendication se dessinent de façon cyclique, où la créativité se façonne autour de la relation avec la société blanche.
On est souvent dans la lutte, mais pas toujours. La trompette de Louis Armstrong, par exemple, n’est là que pour faire oublier la grande dépression, tandis que le disco ne semble enivrer les esprits que pour apaiser la crise économique des seventies. En deux parties (la suite la semaine prochaine, même heure, même chaîne), on se promène sur la ligne du temps comme sur une partition, où les notes foncées côtoient les claires. Mais quand il faut deux noires pour une blanche, "ça fait un sacré distinguo", dénonçait Pierre Perret…
Nicolas Balmet
22 avril: 22h35 ARTE Black Music
Tags: Harry Potter, quiz, connaissances
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