
Pour le tueur de ce polar, les brunes ne comptent pas... point.
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Pour le tueur de ce polar, les brunes ne comptent pas… point.
Les tueurs en série, on connaît. Une excellente raison pour jeter les deux yeux sur le téléfilm Quand vient la peur, qui ne se contente pas de faire gicler les boyaux ou de s’attarder sur des autopsies macabres. Nous sommes au milieu des années 70, dans une ville de Poitou-Charentes. Une jeune femme est assassinée chez elle, alors que la police vient à peine de quitter les lieux après avoir reçu un appel de secours. Certes, le domicile avait été fouillé, mais le tueur était bien planqué. Dans l’ombre et la nuit, la patience et le calme.
Pourquoi cette femme-là? C’est la première question que se pose l’inspectrice Anne Ketal, qui se retrouve face à un tableau écœurant. La victime est éventrée et un oiseau noir cache son visage. Un mode opératoire qui rappelle celui d’un autre meurtre commis dans la région. Pour elle, c’est une évidence: il s’agit de l’œuvre d‘un psychopathe redoutable qui, bientôt, va semer la panique parmi les femmes… aux cheveux bruns, pour qui le tueur semble avoir un faible. Et les coiffeurs de voir défiler toutes les brunes de la région pour une petite décoloration d’extrême urgence…
Résolu à ne pas s’enfermer dans les codes de la très stricte narration policière, le téléfilm plante un décor effrayant en y apportant un éclairage intéressant. Car nous sommes à une époque où les tueurs en série ne sont pas encore décortiqués de façon méthodique par une police spécialisée. Dans les années 70, le profilage est à peine en train de révéler son efficacité aux Etats-Unis, mais l’Europe n’y voit qu’une fantaisie passagère. En recoupant les informations de plusieurs meurtres afin de dresser le profil psychologique du "tueur de brunes", l’inspectrice Ketal va ainsi américaniser son enquête.
Pour le spectateur, c’est une enquête anti-Esprits criminels qui commence. Un peu comme l’avait fait (brillamment) le cinéaste David Fincher dans Zodiac, la réalisatrice Elizabeth Rappeneau s’attarde sur les balbutiements du profilage en peaufinant la forme de son récit. La palette de thèmes abordés est très large (racisme, étroitesse d’esprit, sexisme et même inceste). Mais par-dessus tout, il s’agit là d’une histoire très sombre et à l’atmosphère iodée (nous sommes près de La Rochelle), qui n’est pas sans rappeler les ambiances chères à Simenon. Les personnages cherchent des éclaircies dans les méfiances et les silences. Le soupçon est à la fois partout mais muet, tandis que la psychose semble déterminée à noircir les âmes… Une réussite qui ne compte pas pour une prune.
Nicolas Balmet
28 mai: 20h35 FRANCE 2 Quand vient la peur
Tags: France 2, relooking, avant-après, make up, téléfilm, un cri dans la nuit, Quand vient la peur, vendredi
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