Les Deborsu en flamand dans le texte

Les Deborsu en flamand dans le texte
television29/06/2010 08h10

Poil à gratter sur la RTBF, chroniqueurs sur la VRT, les frères journalistes sont devenus des stars en Flandre. Ou presque.

Leur bobine de garnements jamais en manque d'une bonne blague et leurs reportages incisifs en ont fait des piliers du service public. Voilà vingt ans que le gang des Deborsu hante les couloirs de la RTBF. Christophe, 45 ans, a débarqué de son Namurois le premier. Frédéric, 40 balais, a très rapidement suivi. On a longtemps croisé l'un rue de la Loi, faisant le pied de grue pour le service politique de la RTBF. L'autre a écumé les rédactions sportives, avant de taper le ballon avec d'autres partenaires. Ils ont multiplié les projets télé, les Questions à la une avec la même touche railleuse, irrévérencieuse.

 On leur doit notamment deux grands moments de l'info télé belge de ces dernières années. Pour Christophe, La Marseillaise chantée par Yves Leterme un 21 juillet. Un sommet. Pour Frédéric, l'interview de Jean-Marie Happart, président de l'intercommunale du circuit de Francorchamps, expliquant qu'il ne lit pas l'anglais et n'a donc jamais connu la teneur du contrat qu'il a signé avec le boss de la F1 Bernie Ecclestone.

 Aujourd'hui, les deux frères appartiennent au cercle très restreint des francophone connus en Flandre. Animateurs d'un délicieux programme court intégré à Zevende Dag (VRT), ils jouent les jeteurs de pont entre les deux communautés, incarnant les Wallons confrontés aux mystères de la Flandre profonde ou décryptant dans un flamand presque impeccable la Wallonie, ses drôles de zèbres, ses drôles de mœurs.

 Boute-en-train, soudés comme deux boules de glace restées une nuit dans un freezer, ils n'ont qu'un défaut attesté: impossible de les différencier. Même ton de voix, même sympathie, même spontanéité. Ce qui complique singulièrement les choses quand on les interviewe par téléphone. "Celui qui répond intelligemment, c'est Christophe", affirme Frédéric. "Il y en a un qui est plus grand. Il y en a un qui est plus vieux. Il y en a un qui est extrêmement mauvais footballeur. Et c'est le même…", commente Christophe.

[...]

Vous aimez tous les deux mettre en scène l'info pour la rendre compréhensible. C'est l'école Jean-Claude Defossé, l'homme des Grands travaux inutiles et de Questions à la une?
Frédéric. - C'est l'école du journalisme simple et efficace. Un bon journaliste, c'est simplement celui qui montre. J'avais passé la nuit dans le palais de justice de Bruxelles il y a un an pour démontrer la faillite de son système de sécurité. J'y montrais qu'un jour, on aura des problèmes. Un an plus tard, il y avait ce double meurtre…
Christophe. - On assume l'influence Defossé. C'est un très très grand modèle. De façon simple et efficace, il a pris la télé pour ce qu'elle faisait de mieux: montrer les choses.

Vous faites également preuve, dans beaucoup de vos sujets, d'une certaine dérision. Vous assumez?
Christophe. - Dérision, je suis pas sûr. Plutôt un clin d'œil. Mais d'autres le font à la RTBF. Ça se voit peut-être plus chez Frédéric et moi parce que notre carrière est déjà longue. Et s'il y a clin d'œil, c'est toujours au service de l'information. La RTBF le permet, parce que la Belgique est un pays qui le permet, qui se prend moins au sérieux que d'autres.
Frédéric. - En Belgique, il n'y a parfois qu'à se baisser pour trouver des sujets. Il y a 15 jours, il y avait par exemple cette dame qui avait perdu une souche du Carrefour sur le trottoir. Elle a reçu un procès-verbal pour pollution. Mais elle ne l'avait pas fait exprès. La preuve: sur cette souche, il y avait des bons de réduction d'une valeur de dix euros. Elle a donc reçu un P.-V. parce qu'elle avait perdu de l'argent. Incroyable, non? La Belgique est le seul pays au monde qui peut faire cela.

Vous êtes, en Flandre, devenus de vrais "Bekende Waals" Comment est-ce arrivé?
Christophe. - Il faut remonter à 1906. Quand notre grand-père Achille Deborsu a décidé de passer sa sixième

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