
Le cultissime Strip-tease fête son quart de siècle. Son cocréateur, Marco Lamensch, en profite pour casser la télé.
En 1985, le téléspectateur belge découvre avec stupeur Strip-tease, "l'émission qui vous déshabille". Adulé en deux temps et trois grincements, le magazine de reportages qui s'introduit au plus près, sans commentaires, le quotidien le plus banal ou le plus excentrique de ses contemporains, s’impose comme un rendez-vous incontournable sur la grille de la RTBF. Huit cents sujets seront tournés, dont une partie par France 3, convaincue de la force et de la pertinence du concept. Aujourd'hui encore, le magazine y poursuit d'ailleurs son petit bonhomme de chemin, alors que la RTBF rediffuse ses meilleurs moments.
A l’heure où la téléréalité balaie tout sur son passage et où les sociétaires de Secret Story font tout pour attirer les regards, le cocréateur de Strip-tease Marco Lamensch jette un regard sur son rejeton, 25 ans après ses débuts. Il commente surtout, pour nous, le déclin d’une télévision qu'il juge désormais aseptisée et fragile. Une télévision qui, aujourd’hui, n’aurait jamais accepté que Strip-tease s’invite à sa table. "Rien qu’avec un titre pareil, ça ne passerait pas! Puis il y aurait une levée de parapluies, on serait obligés de faire un truc hyper-formalisé, avec des sous-titres explicatifs et un présentateur!"
Vous avez dit un jour: "Si un sociologue, en 2050, visionnait les films que nous avons réalisés, il aurait là l’état d’esprit d’une époque". C’était l’objectif réel de Strip-tease?
Marco Lamensch. - Même si chaque film n’est pas une vérité en soi, je suis persuadé que le kaléidoscope donne un excellent reflet, oui. Mais l’idée première de Strip-tease était de faire une télévision qu’on n’aurait pas pu faire ailleurs, en montrant des choses que ni la télé, ni la radio, ni la presse écrite ne pouvaient montrer de cette manière-là. Une situation, un milieu, des rapports humains au sein du travail ou de la famille, etc. Personnellement, ça ne m’intéresse pas de voir un JT où on voit un type qui rentre au palais de Laeken puis qui en ressort. Je trouve l’aspect sociologique des relations humaines plus intéressant…
On a souvent entendu que vous aviez été les pionniers de la téléréalité… Secret Story, c’est donc à cause de vous?
Ce n’est pas nous qui avons dit ça! Ce sont des journalistes. Je ne vois pas très bien le rapport entre Strip-tease et la téléréalité actuelle. Nous retranscrivions une réalité qu’un réalisateur avait observée, sans toucher à rien. Dans Secret Story, on réunit des gens qui ne se seraient jamais rencontrés ailleurs, on les met ensemble et on observe leurs interactions quand ils sont en concurrence. On est dans le jeu et la pure fiction. Dans Strip-tease, contrairement à ce qu’on croit, il y a eu beaucoup de films "politiques", dans le sens citoyen du terme. Alors qu’on croyait la lutte des classes terminée, on a souvent montré comment certains patrons traitaient leurs ouvriers de manière épouvantable!
Strip-tease a pourtant inspiré certains magazines d’aujourd’hui. En voyant large, citons Confessions intimes ou Le grand frère, sur TF1.
Inspirées de très très loin! Nous n’avons jamais refusé l’émotion dans Strip-tease, mais nous ne voulions pas qu’elle transcende tout et, quand on montrait une engueulade, dites-vous qu’on a laissé quinze fois pire dans les rushes. Dans les émissions que vous citez, on essaie de rassembler et même d’accumuler les scènes de violence verbale, entre une mère et son fils par exemple. Pour ma part, je n’aurais pas envie d’être là pour assister à ça. C’est précisément à ce moment-là que j’éteindrais ma caméra…
Y a-t-il tout de même des séquences que vous regrettez d'avoir tournées?
Bah… Disons que certains films sont moins bons que d’autres. Parfois, le côté un peu sensationnel l’a emporté sur notre
Tags: Secret Story, Apple, Humour, Publicité, vidéo, Confessions intimes, strip-tease, MAC, buzz, Marco Lamensch
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