Bonté divine: La foi en questions

Bonté divine: La foi en questions
television13/08/2010 10h00

Traiter de la religion au théâtre: un pari osé, relevé avec brio et émotion par Roland Giraud.

Traiter de la religion au théâtre: un pari osé, relevé avec brio et émotion par Roland Giraud.

Quatre dignitaires religieux, un rabbin (Jean-Loup Horwitz), un prêtre (Roland Giraud), un imam (Saïd Amadis) et un moine bouddhiste (Benoît Nguyen-tat) se retrouvent, après une conférence, dans une sacristie où ils discutent d'un ouvrage à écrire sur les religions et croyances des uns et des autres. A priori, rien de bien engageant. Pourtant, si la trame de cette pièce suscite réflexion et questionnement, la forme et le ton sont plutôt légers. Même si ce n'est pas un vaudeville, les spectateurs rient beaucoup. L'humour est l'atout indispensable pour assimiler un contenu qui ne prête vraiment pas à rire. 

Plus qu'un dialogue interreligieux, Bonté divine, écrit par Louis-Michel Colla et Frédéric Lenoir, mis en scène par Christophe Lidon, offre une très belle réflexion sur la foi. Quand il a découverte cette pièce, Roland Giraud a d'emblée voulu la porter sur scène. "Le plus compliqué fut de convaincre les producteurs, reconnaît le comédien. On n'a eu aucune promo, juste une belle affiche. Le bouche-à-oreille a fait le reste: un succès incroyable auquel je n'osais croire. Mais cette pièce est devenue un vrai phénomène de société. Les gens venaient nous remercier à la fin du spectacle de leur avoir offert quelque chose de positif. Comme on remercie pour une bonne homélie." 

Sans faire l'apologie de l'une ou l'autre religion, ces quatre comédiens nous nourrissent de valeurs essentielles. "Tous les quatre, nous pratiquons notre religion, confesse Roland Giraud. Je suis le seul imposteur, puisque je joue le rôle d'un prêtre catholique alors que je suis de confession protestante. Nous parlons de choses qui relient les gens, pas qui les divisent, poursuit le comédien. On a tous le même dieu, pourtant on trouve toutes les raisons de se taper dessus au nom de la religion. Dieu aime tous ses enfants. Dieu est le même pour tous, à condition que Dieu existe… Au travers de quelques textes bibliques qu'on a oubliés, on apporte aussi des réponses à la crise. Aucune religion n'interdit d'être riche mais c'est le refus du partage de nos richesses qui est condamnable." 

Roland Giraud insiste beaucoup sur cette notion de partage. Et le prouve sur scène. Par un jeu d’une grande vérité et tout en émotion, il donne une belle épaisseur à son personnage. D'une grande authenticité aussi, renforcée par un drame personnel (la disparition tragique de sa fille Géraldine), il confie ses doutes, sa quête, son cheminement. Et face à l'insupportable et à l'expression du mal, ses mots prennent une autre ampleur: "La souffrance, les drames ne sont pas la faute de Dieu, mais des hommes. Raisonner avec son intelligence ne sert à rien. La sienne nous dépasse, de loin. Il faut croire qu’Il n’éprouve que ceux qui L’aiment…" Ou qu'Il aime?

Geneviève de Wergifosse

THEATRE EVENEMENT
20h15
LA UNE
Bonté divine

Tags: , ,





Il n'y a pas encore de réactions

Se connecter pour ajouter un commentaire

Twitter