Les carnets de Philippe Lambillon

Les carnets de Philippe Lambillon
television17/08/2010 10h09

Il revient en grande forme: onze émissions spéciales, un DVD, une BD et, surtout, un paquet de souvenirs.

"J'ai l'impression de pouvoir faire ce que je faisais il y a 20 ans. J'arrêterai quand mon physique ne suivra plus ou que l'audience baissera." Autant dire que Philippe Lambillon, alias le bourlingueur, n'est pas près de ranger son chapeau et ses Carnets. A 58 ans, vitalité et mine insolentes, le burlesque Indiana-Tintin-MacGyver-Rambo fête donc joyeusement les 20 ans de son magazine à succès. Un anniversaire pour lequel la RTBF lui déroule, dès le 31 août, ses prime times de rentrée pendant onze mardis avec des Carnets spéciaux de 90 minutes: avec quatre reportages et 26 minutes de conseils de survie à travers de nouvelles saynètes mais aussi d'anciens "classiques" remontés et allongés. Cerise sur le gâteau, une collection de six BD et un DVD avec making of et bêtisier sortent ces jours-ci. Car en 20 ans, il s'en est passé des choses hors caméra! Souvent plus savoureuses que les séquences elles-mêmes, parfois lourdingues. En primeur, ce babillard de Lambillon nous offre son coup de rétro perso sur quelques grands souvenirs de tournage. Entre animaux excités, humains étonnants et maux en pagaille.

Début de la mort - Equateur, 1990

"J'y avais tourné avec de vraies prostituées une fiction sur les MST et l'utilité du préservatif. Un des macs s'était mis en tête de venir nous faucher notre matériel à l'hôtel. La nuit, de nos chambres, on a entendu une fusillade. On est allés voir. Un des assaillants gisait mort près de l'enceinte de l'hôtel et le fils du patron avait reçu un coup de couteau qui lui avait tranché la narine. C'était notre deuxième tournage. Ça commençait bien!"

Guerre intestine - Inde, 1993

"C'est une destination qui laisse de douloureux et foudroyants souvenirs gastriques. En gare de New Delhi, mon preneur de son a été pris de crampes abdominales comme je n'en ai jamais vu. Il passait d'un quai à l'autre en quête désespérée de toilettes. On voyait sa perche passer à toute vitesse au-dessus de la foule. Tout ce tournage a été intestinalement infernal. Dans les trains aussi, car les W-C sont squattés par des petits marchands, de thé, de bics… J'ai fait une séquence de ces aventuriers de la chiotte perdue. La seule solution était de sortir, de se cramponner à la rampe du train et de se soulager comme ça en plein air."

Le roi du bakchich - Togo, 1994

"Je cherchais de vrais douaniers pour simuler la corruption en Afrique et les bakchichs au quotidien. J'explique ça à un agent. Il part quelques minutes puis revient avec son chef, un malabar au regard méchant, une sorte d'Amin Dada qui me dit: "Il paraît que tu cherches un douanier corrompu? Eh bien, c'est moi qui vais jouer le rôle." On tourne. Il me fait refaire six fois la scène car à chaque coup, évidemment, il empochait le billet! (rires). Dix ans après, je repasse par le Togo et j'entends derrière moi: "Eh, toi là-bas!" C'était lui. On va dans son bureau et il me passe la vieille séquence. Tout fier, il me dit: "Depuis que je suis passé sur TV5, je suis une vedette, j'ai toutes les filles que je veux! N'oublie pas, si tu cherches encore un douanier corrompu, c'est moi!"

[...]

Harcèlement sexuel

On en a souvent voulu à mon sexe! (rire). Notamment un éléphanteau dont la trompe allait en permanence à ma braguette et à mon derrière. Autre embarras: quand des étrangers débarquent quelque part, toutes les prostituées du coin veulent savoir où ils logent. Un des summums, c'était à Lomé au Togo. Une des filles avait escaladé la façade de notre hôtel jusqu'au quatrième et la chambre de mon preneur de son. En pleine nuit, celui-ci m'appelle. Arrivé dans sa chambre, je vois sur le balcon une femme aux plantureux seins nus écrasés contre la vitre de la chambre en train d'hurler inlassablement à mon technicien qui ne voulait pas la laisser rentrer: "Mes mamelles sont à toi gratuitement" (rires). Une autre foi

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