
Des larmes et des cris en hommage aux victimes des attentats du World
Trade Center.
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Des larmes et des cris en hommage aux victimes des attentats du World Trade Center.
Le 11 septembre 2001 a logiquement abouti à une explosion de la production documentaire. Il y en a pour tous les goûts: du conspirationnisme échevelé (exemple: des Vénusiens aux oreilles sans lobe auraient fomenté le coup, dans les versions les plus extrêmes) à la remise en question polémique et justifiée (on a écroué le menu fretin, mais qu'en est-il des têtes pensantes, des failles des services secrets américains et d'autres facettes jamais expliquées?) en passant par l'exploration des dégâts collatéraux et la surenchère mémorielle. Pour marquer les neuf ans de la catastrophe, La Une a puisé dans les deux dernières catégories, pour le meilleur et pour le pire.
Le pire, c'est 9/11 - Dernier appel. Tout part pourtant d'une intention louable: puisque nous n'avons pas d'images de l'intérieur des Twin Towers, autant se pencher sur les enregistrements des appels téléphoniques passés par les victimes. Une voix off à rendre verts de jalousie les scénaristes de nanars apocalyptiques annonce la couleur: l'objectif n'est pas seulement d'amener la lumière sur ce qu'il s'est réellement passé près du centième étage des tours, mais également de savoir vers qui se tournent les gens dans leurs derniers moments. Sans surprise, ils appellent leur famille, pas leur fiscaliste. S'ensuit une heure de portraits croisés qui accouchent d'un vain tire-larmes. Ce n'est pas que l'on renie la tristesse du père de Melissa Harrington ou de la famille de Shimy Biegeleisen, mais elle ne nous apporte que de la compassion à la place de la "lumière" promise.
Le second document, Les héros sacrifiés du 11 septembre, s'il tire lui aussi sur la corde sensible, se révèle d'une efficacité plus redoutable. A la base, un constat accablant: des 40.000 personnes qui ont travaillé sur les débris du WTC, 70 % d'entre elles sont malades et des dizaines sont déjà mortes. Sur ordre de la Maison-Blanche, l'agence pour la protection de l'environnement avait pourtant affirmé que l'air de Ground Zero n'était pas nocif, question de rassurer Wall Street. La vérité se situe dans les poumons des pompiers, truffés d'amiante, d'os pulvérisés, de dioxines et autres saloperies. En dépit des promesses de l'administration Bush, ces victimes-là n'ont jamais touché un kopeck pour payer leurs soins de santé. Pour adoucir leur rancœur contre l'Etat, ces presque sans-abri, enfermés dans leurs caravanes et leurs dépressions, n'ont plus que leur fierté d'avoir agi.
Quentin Noirfalisse
11 septembre: 20h50 LA UNE Soirée spéciale 11 septembre
Tags: 11 septembre, World trade center
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