Glee: Pourquoi c'est un tube

Glee: Pourquoi c'est un tube
television05/10/2010 10h44

Grâce à ses excellents ingrédients, la série américaine affole les audiences, les popstars et l'industrie musicale.

Des ados attachants

Carrément casse-gueule, l’idée d’adapter le genre de la comédie musicale aux séries télé! Pourtant, Ryan Murphy (Nip/Tuck), en créant Glee, a tapé dans le mille. Les pièges de la ringardise? Il les a évités. Avec brio. D’abord grâce aux personnages qu’il a imaginés. Certes des clichés - la diva, le gay, la pom-pom girl, le sportif, la vilaine vraiment pas gentille… -, mais développés après avoir déniché les acteurs ad hoc. Des rôles sur mesure, loin de singer les "adoleschiants" des autres feuilletons du moment. On se prend vite d’affection pour ces gosses en quête de liberté et de fierté. Et pour cette chorale (glee en anglais) de lycée, joli symbole du "vivre ensemble", que les personnages tentent de maintenir en vie grâce à de nombreux concours qui montent dans les aigus enragés. Les intrigues, plutôt prenantes, sont transcendées par des tubes remixés au goût du jour avec un max d'originalité.

Le meilleur de la téléréalité

A sa façon, Glee est l'enfant surdoué et involontaire de dix ans de téléréalité. Alors que tous les télécrochets s'essoufflent d'avoir trop chanté, la fiction télé reprend le micro. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si, aux Etats-Unis, la série est diffusée juste après le phénomène American Idol (la Nouvelle Star sauce amerloque). Dépassement de soi, objectifs à atteindre, dur labeur, quête de célébrité: tous les codes des Academy en tout genre sont présents dans Glee. Seule variante: ici, ce sont bien plus souvent des chorales (donc des groupes) qui s’affrontent, plutôt que des individualités. Quand bien même les personnages se crêpent de temps à autre le chignon. Comment aussi ne pas voir dans le rôle de l'impitoybale Sue Sylvester (excellente Jane Lynch) une mégère comme on en a rarement vu? Elle pourrait facilement prendre la place d'un de ces animateurs sadiques qui prennent leur pied à faire souffrir les candidats de leurs émissions.

Des stars complices

 "Nous sommes complètement dépassés", s'exclame avec sourire Ryan Murphy, créateur de Glee. "A la veille de la première saison, nous devions nous battre avec des avocats pour obtenir des droits sur les chansons utilisées dans la série. Aujourd'hui, nous croulons sous les demandes." C'est qu'au lendemain de la diffusion d'un épisode, les ventes des morceaux utilisés dans Glee explosent suriTunes. Sans compter les royaltiesengrangées sur les compilations et sur la tournée Glee Tour qui a traversé les Etats-Unis cette année. Destiny's Child (avec Bootylicious), Yoko Ono (avec Imagine de Lennon)et les horribles Journey (Don't Stop Believin) ont été les premiers à bénéficier de l'effet Glee. Depuis, Madonna a cédé les droits de ses chansons, Lady Gaga a trouvé ça "super cool", tout comme Britney Spears, en chair et en voix dans un épisode à l'audience phénoménale. Ont également défilé Olivia Newton-John, Justin Bieber, Zac Efron, Josh Groban, Susan Boyle et Whitney Houston qui jouaient, pour la plupart, leur propre rôle dans des épisodes diffusant leurs chansons. Même l'icône Paul McCartney a envoyé des morceaux inédits à Ryan Murphy, "au cas où". La rumeur annonce encore des cameos de Jay-Z, Billy Joel, Amy Winehouse, Jonas Brothers. Gwyneth Paltrow, elle, a confirmé sa présence.

Un genre éprouvé

Côté fiction musicale à succès, il y a bien sûr eu un avant-Glee. Sans remonter à West Side Story ou Grease, la grande sœur du phénomène actuel est Fame. Le film de 1980 mais surtout les 136 épisodes de la série télé qui déferla sur les écrans dès 1982. C'est le règne de la School of Performing Arts et de ses élèves enchaînant numéros musicaux et chorégraphies. Fame a fait transpirer des jambières de danse et créé des vocations. Il faudra ensuite attendre 2006 et la vague High School Musical, d'abord

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