Coup de mistral sur Bruxelles

Coup de mistral sur Bruxelles
television30/11/2010 09h10

La saga marseillaise a posé ses caméras chez nous. Résultat: un prime time policier pour nous cajoler et relancer une série qui stagne.

Le mois dernier, Ninon, Sybille et Benoît, trois des héros de Plus belle la vie, passaient du soleil à la grisaille de notre plat pays. La raison? Outre le partenariat liant la RTBF à France 3, la production du célèbre feuilleton marseillais tenait à récompenser son fidèle public belge, en concoctant un prime time de quatre épisodes chez nous, en plein Bruxelles.

 Ce changement d’air - et de rythme -, la série y est habituée. En quatre ans, il s’agit du septième numéro au long cours produit par Telfrance et France 3 et le deuxième sur le sol étranger après l’opus marocain tourné l’an dernier. Cette fois, le numéro spécial s'intitule Enquêtes parallèles et estcentré sur la disparition d’un député européen écologiste, de quoi justifier le déplacement de la série dans la capitale de l'Union. Les fans s’amuseront donc, pendant la diffusion, à reconnaître une pléiade de décors typiques - de la place Saint-Catherine à l’Atomium, en passant par le Musée des Sciences naturelles ou le Parlement européen. Le tournage exceptionnel a été entouré du plus grand secret sur les endroits choisis pour tempérer l'engouement tant de la presse que du public et travailler en paix. Car Plus belle la vie reste un phénomène populaire.

 Pourtant, lors du lancement du feuilleton marseillais à l'été 2004, personne n'aurait parié un pastis sur le succès d'une saga quotidienne sur la vie d’un quartier fictif de Marseille. Réalisation poussive, intrigues plan-plan, histoires invraisemblables, décors en carton-pâte… En plein créneau de 20 heures, les audiences ont longtemps peiné à décoller en France avec 1,6 million de téléspectateurs. Mais France Télévisions, qui avait investi dans 2.000 mètres carrés de studios à Marseille, a laissé le temps à la série de s’installer. Un an et demi plus tard, elle dépassait allégrement les cinq millions de fidèles quotidiennement!

A bout de souffle?
 Mais il faut reconnaître qu'aujourd'hui le soleil du Mistral pâlit. Les audiences s’érodent, les produits dérivés (boutique, magazine…) passent à la trappe les uns après les autres et les départs de comédiens majeurs se succèdent. Quant aux fans, ils commencent à gronder. Même si les contrats des "rescapés" ont été reconduits pour trois saisons et que le producteur Hubert Besson reste confiant quant à l'avenir: "Notre public fidèle chaque soir devant son écran reste conséquent. Et beaucoup de gens nous réclament inlassablement des épisodes plus longs. Donc, cela vaut la peine de réfléchir à d’autres recettes". Pour 2011, de nouvelles pistes sont à l'étude, comme un contenu web plus poussé, avec des épisodes inédits. La poule aux œufs d’or de France 3 doit absolument trouver son second souffle car une autre sitcom, Scènes de ménage, à la même heuresur M6, commence à voguer de record en record et à grignoter le gâteau d'audience de la fiction marseillaise.

"Comme une drogue!"
 Chez nous, on reste fidèle. Depuis le début, la RTBF prédiffuse l’intégralité des épisodes. De quoi permettre à 150.000 fans quotidiens de profiter de la série avant leurs voisins français. Ce qui n’empêche pas 150.000 autres Belges (parfois les mêmes!) de déguster la série sur France 3. Parmi eux, Anastasia, 29 ans, assidue de la première heure et membre de plusieurs groupes de fans. "C’est comme une drogue. On y prend vite goût, on ne décroche plus et quand on loupe des épisodes, c’est l’horreur. La série fonctionne parce qu’elle touche autant les mamies que les ados. Puis, les personnages sont attachants et le programme exploite à merveille tous les sujets de la société actuelle. Du sida aux sans-papiers, du chômage à l’homosexualité, en passant par les dangers des réseaux sociaux. Evidemment, celui qui ne regarde pas trouvera ce que je dis stupide!"

 Thomas, 29 ans, autre inconditionnel renchérit: "Les intrigues sont tirées par les cheveux, on les devine dès le départ. C’est u

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