Paris vaut bien une fesse

Paris vaut bien une fesse
television21/12/2010 09h07

Crazy Horse, Moulin-Rouge, Lido. Les cabarets s'invitent sur les plateaux. Et nous nous invitons chez eux.

C'est une tradition sacrée: pour le réveillon, la télé sort son truc en plumes. En témoignent, ce 31 décembre, les shows festifs auxquels participeront les plus prestigieux cabarets parisiens: le Lido (invité par Arthur sur TF1), le Moulin-Rouge (applaudi par Patrick Sébastien sur France 2) et le Crazy Horse (à l'honneur sur France 3). Ce réflexe de la fesse et des paillettes à la Saint-Sylvestre remonte à l'ORTF et Guy Lux. Pourtant, comme le rappelle Philippe Lhomme, patron (belge) du Crazy Horse, "Il n'y a pas de jours pour faire la fête". Les cabarets sont ouverts 365 jours par an. A l'heure du retour en grâce du genre burlesque avec le tout nouveau film de Cher et Christina Aguilera (voir p. 68), et le très remarqué Tournée de Mathieu Amalric, ces endroits naguère ringards sont redevenus tendance. Mais au fait, qu'est-ce qui différencie le Lido du Moulin-Rouge et du Crazy Horse? Et quelle place occupent-ils encore à la télé?

ADN

Lido. Créé en 1946 par les frères Clerico sur les Champs-Elysées, il s'impose comme le cabaret phare de l'après-guerre. Le plus touristique et le plus international des établissements du genre a inventé le concept du dîner-spectacle (à partir de 140 €). Il peut accueillir jusqu'à 1.250 personnes.

Moulin-Rouge. Il est riche de 120 ans d'histoire. Le plus mythique cabaret de Paris (situé à Pigalle) reste associé à la Goulue, Mistinguett et au fameux french-cancan. Malgré un dépôt de bilan en 1997, il est aujourd'hui le leader du marché et affiche quasi complet tous les soirs. Le film Moulin Rouge (2001) avec Nicole Kidman lui a redonné un orgasmique coup de pub.

Crazy Horse. Fondé par Alain Bernardin en 1951, le petit établissement compte 275 places, vise un public adulte, s'inspire du strip-tease à l'américaine (en beaucoup plus chic) et ne propose que du caviar au menu. Depuis 2005, un Belge, Philippe Lhomme, tient les rênes du Crazy et lui a donné un solide coup de cravache: ouverture d'une succursale à Singapour, spectacle à Las Vegas et événements dans la maison mère avec des invitées prestigieuses comme Arielle Dombasle, Clotilde Coureau et Dita Von Teese. Les effeuillages parisiens de cette dernière, chef de file des néo-pin-up, ont suscité le giga-buzz et propulsé l'établissement au cœur de la branchitude.

Shows

Lido. La dernière revue Bonheur retrace l'histoire kitsch d'une femme oiseau à la recherche du bonheur. "On a le dispositif technique le plus imposant avec un temple indien qui se déploie sur 7 mètres et une vraie piste de glace", se targue le Lido. Fait assez rare: la meneuse de revue chante en direct.

Moulin-Rouge. Composée à 90 % de chansons en français, la revue Féerie (créée en 1999) se distingue aussi par de gros moyens et une scénographie très complexe. "Les gens sont toujours surpris de voir la piscine qui monte avec des pythons ou six petits chevaux nains qui arrivent sur scène", explique le cabaret.

Crazy Horse. Mise en scène par le chorégraphe Philippe Decouflé, la revue Désirs démontre que le cabaret est ancré dans la modernité et l'ère des nouvelles technologies. "Grâce au numérique et à un système infrarouge, les danseuses munies de capteurs dessinent des mouvements lumineux", décrit Philippe Lhomme. Un univers avant-gardiste bien loin de l'époque Vanilla Banana, Melba Parachute et Lova Moor.

Costumes

Lido. Plumes, strass, paillettes, bijoux, le costume peut peser jusqu'à 20 kilos. Les Bluebell girls ne disposent parfois que d'une minute trente pour se changer.

Moulin-Rouge. Plumes, strass, paillettes évidemment (plus de mille costumes) mais aussi robes à volant bleu-blanc-rouge, french-cancan oblige.

Crazy Horse. Assume le nu et l'érotisme mais refuse la vulgarité. Comme le répétait son fondateur Alain Bern

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