Isabelle Boulay

Isabelle Boulay
les chroniques25/03/2009 14h06Seba Ministru

Avant ses concerts, elle nous appelle pour mieux faire connaissance. Verdict: elle est gentille.

Vous êtes originaire d’un village québécois baptisé Sainte-Félicité. C’est le pays où tout le monde réussit?
(Rire) C’est vrai que c’est un beau nom, ça laisse imaginer les plus beaux présages. La félicité, c’est quand même un sentiment de bien-être et de rédemption, et Sainte-Félicité est un endroit où la nature est sauvage et où les gens ont une humanité et un sens de la réalité assez exceptionnels.

Comment appelle-t-on les habitants de Sainte-Félicité?
Je n’en ai aucune idée. Je ne me suis jamais posé la question et j’ai vécu là jusqu’à l’âge de 11 ans.

On va dire qu’ils s’appellent les Bien Heureux…
C’est très bien dit, j’aurais dû répondre la même chose.

Est-ce qu’il y a une autre célébrité locale là-bas? Un pêcheur? Un trappeur?
Il y avait mon père qui tenait le bar-restaurant du village et qui était un peu un héros. Et ma tante Adrienne qui était hémiplégique et qui marchait beaucoup. Elle avait le cœur sur la main et elle faisait des tartes pour les gens du village. Elle était très connue. Tous les soirs, elle allait à l’église, et puis elle allait prendre un verre au bar.

C’est dans le restaurant de vos parents que vous avez commencé à chanter à l’âge de 8 ans…
Avant même, à l’âge de 5 ans. Les clients mettaient des pièces et je montais sur le juke-box pour chanter Le téléphone pleure.

Vous n’aviez pas l’impression d’être une bête de foire qu’on exhibait?
Non, parce que personne ne m’obligeait. Je me suis arrêtée de moi-même à 11 ans et j’ai décidé de continuer à chanter dans ma chambre…

Vous n’étiez pas une enfant martyre du juke-box.
Non, pas du tout.

Il n’y a pas longtemps, vous avez eu un petit garçon, Marcus. C’est vrai qu’il vous suit en tournée?
C’est vrai, mais je ne l’amène pas dans les salles. Il reste à l’hôtel avec sa nounou. Mais je suis incapable de m’en séparer. Il n’a que quatre mois et demi, et je ne peux pas passer une nuit sans lui.

Donc, en tournée, il y a des instruments, des amplis et des couches-culottes…
Il y a tout. Il n’est pas malheureux.

J’espère! Vous avez suffisamment de moyens pour encadrer cet enfant!
Oui, mais je lui donne juste ce dont un enfant a besoin. Je ne suis pas quelqu’un d’excessif. Et puis, comme je reçois énormément de cadeaux pour lui, je partage avec les autres, je donne… En même temps, je ne vis pas d’une manière fastueuse et ostentatoire. Je vis très confortablement. Mais je ne fais pas partie des grosses fortunes…

Vous avez déclaré que vous endormiez votre fils en lui chantant des chansons de Carla Bruni. Ça veut dire que ce sont des chansons endormantes…
Non! Ce sont des chansons légères et profondes à la fois…

Donc, ce ne sont pas des berceuses.
Ben, quand même… Déranger les pierres, c’est une magnifique chanson. J’écoutais beaucoup Carla Bruni et Julien Clerc. Ce sont les deux disques sur lesquels j’ai bercé Marcus.

Il va peut-être être influencé, cet enfant.
Ce ne seront que de bonnes influences, des influences élégantes.

C’est peut-être mieux d’allaiter son bébé sur du Carla Bruni que sur du 50 Cent.
(Rire) Carla Bruni est une meilleure influence, même si, sur du 50 Cent, on pourrait quand même s’amuser. Mais les paroles ne se trouvent pas dans le même secteur…

Qu’est-ce que les chanteuses québécoises ont que les autres n’ont pas?
Ben, je ne sais pas… Un côté très nature, peut-être, mais les autres l’ont aussi. Si vous pensez à Maurane… Non, je ne sais pas…

Le 19/3, Cirque royal de Bruxelles, 02/218.20.15.
Le 22/3, Forum de Liège, 04/223.18.18.

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