
Socialiste infréquentable! Libéral autorégulé! Espèce de Didier Donfut! Richard Fourneaux toi-même! Tiens: Van Cau sur ton pif! Même pas mal! Prends ça: Chastel dans ta gueule!
Plan Marshall de naze! Ministère des Finances de merde! Gros nullard de Happart! Grosse tache de Ducarme! Despiegeleer de mes deux! Philippe Sonnet de ta mère! Lizin! Aernoudt! Camarade profiteur! Petzouille de fraudeur! Donc voilà, sinon, à part ça, rappelons aux Schtroumpfs et aux Chaperons Rouges qu'il y a une crisette mondiale dont il faudrait un peu s'occuper (même chez nous, si, si!), que ça licencie à la brouette un peu partout, que Suez-Electrabel continue de se sucrer sur notre énergie, que les logements sont impayables, que notre enseignement part en chtouille, qu'on n'a pas encore réussi à refroidir le réchauffement climatique et que, si ça continue comme ça, Fabiola va bêtement se prendre un coup d'arbalète dans sa permanente. Désolé, les grands garçons et les grandes fifilles, mais là, on en viendrait presque à se demander si c'est une campagne électorale ou un congrès de tenanciers de bac à sable. Je veux bien que ce soit notre côté latin, à nous les Sudistes, qui fait qu'on aime bien jouer à vendetta. Mais là, perso, ça commence doucement à me gaver, la soupe de baffes.
Une fois de plus, c'est la Flandre qui donne l'exemple. Là, au moins, quand on se fait des coups bas politiques, il y a des règles à respecter. Par exemple, quand le président de l'Open VLD, Bart Somers, veut attirer sur sa liste Dirk Vijnck, un bon petit député bien populiste de la Liste Dedecker, il lui promet en douce un poste à 3.000 euros par mois si jamais il n'était pas élu. C'est clair, c'est net: on achète. On paie son dû. Après, quand ces fouille-tout de journalistes révèlent le truc, on n'en fait pas toute une quiche aux brocolis. On s'excuse. Bart va devant les caméras, il prend son air de bisounours et il dit qu'il a fait une p'tite bêtise, que ça arrive à tout le monde. Calmement. Et Dirk Machin-Chose retourne sur la liste LDD. Sans rancune. Sans stress. C'est comme Monsieur Dehaene. Quand on demande à Jean-Luc comment il peut être à la fois tête de liste CD&V aux européennes et soutenir les bourgmestres de la périphérie bruxelloise (dont la sienne, Vilvorde) qui refusent d'organiser les élections européennes parce que BHV n'est pas scindé, vous savez ce qu'il répond, Bibendum? Il répond: "Pfft!" Calmement. Sans s'énerver. Et en campagne électorale, il ne demande rien à personne, Jean-Luc. Comme on n'est jamais si bien servi que par soi-même, il se lance des fleurs à lui-même. A la radio, on lui demande si Jacques Delors n'était pas un président de Commission européenne un peu plus charismatique que José Manuel Barroso. Zean-Luc répond que Delors est devenu un mythe, aujourd'hui. Et d'ailleurs, ajoute-t-il: "Moi aussi, je suis un mythe en Belgique". Vous voyez? Simplement, calmement. Et en Flandre, croyez-vous qu'on se reproche d'avoir attiré des candidats bling-bling ou des fils et des filles de politiques sur les listes? Pas du tout! On se les partage. Les listes flamandes comptent une quarantaine de "filles et fils de" équitablement répartis entre parts. Et aussi quatre ex-Miss Belgique. Comme ça, on évite les disputes imbéciles. Et on peut débattre plus en profondeur...
v.peiffer@telemoustique.be
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