
La sÅ“ur de Kevin et Jonathan a 23 ans, est fan de Radiohead et court plus vite que nous tous ici réunis.
Avec le père que vous avez, vous n'avez sans doute pas commencé la compétition en vous levant un jour et en vous disant "Tiens, je ferais bien de l'athlétisme ce matin"!
Olivia Borlée. - Presque. J'ai commencé tard, à 17 ans, même si j'ai toujours baigné dans l'athlétisme puisque mes deux parents en ont fait en haut niveau. Mais le déclic, c'est Kim Gevaert qui, en 2002, fait deux médailles d'argent aux championnats d'Europe à Munich. C'est vraiment ça qui m'a motivée, et puis c'est parti. Que papa m'entraîne est venu naturellement, puisqu'il était préparateur physique.
Est-ce que c'est facile de travailler avec son papa?
Oh, c'est pas toujours évident…
Il paraît qu'il est dur, le vôtre!
Il est dur, mais c'est normal. Pour faire du sport de haut niveau, il faut quelqu'un de strict. C'est vrai qu'il est un peu impressionnant et qu'il donne cet air sévère, mais dans le fond, c'est un grand enfant.
C'est vrai?
C'est toujours le premier à faire des gags.
Ce n'est pas vraiment l'image qu'on a de lui…
Oui, je sais.
Est-ce que vous pleurez parfois, à l'entraînement?
Non, je ne vais pas me mettre à pleurer si je n'arrive pas à faire quelque chose qu'il veut. On va plutôt discuter et essayer de remédier à la chose.
Le matin, quand vous mangez vos Kellogg's, votre papa est là et vous parlez d'athlétisme?
Mais je n'habite plus avec lui (rire). Je ne pourrais pas le supporter 24 heures sur 24.
C'est vous qui l'avez dit!
J'ai l'âge que j'ai et même si mon papa est mon entraîneur, il faut savoir prendre ses distances.
Il ne vous surveille pas le soir, il ne vous envoie pas des SMS pour savoir où vous êtes?
Non, pas du tout, mais il me fait confiance.
Avez-vous conscience que vous n'avez pas le même corps que les autres filles?
Oui, mais j'ai la chance de ne pas être trop musclée. Quand on voit les Américaines ou d'autres sprinteuses qui ont tendance à être très musclées, j'avoue que je garde une silhouette encore assez féminine.
C'est important?
Oui, tout à fait. C'est pas facile avec le sport, mais j'essaie un maximum de garder ma féminité.
Etes-vous quelqu'un de discipliné?
J'ai appris la discipline parce qu'à la base, je ne suis pas quelqu'un de très organisée…
Vous êtes un peu fofolle!
(Rire.) C'est vrai qu'à la base, je suis plutôt quelqu'un qui aime sortir et s'amuser. J'ai dû faire beaucoup de restrictions avec le sport, mais ça en vaut la peine. Je ne sors pas autant que mes amis dans les périodes d'entraînement intensif. Et si je sors, je rentre tôt et je ne bois pas.
Quoi? Vous buvez de l'alcool?
Oui, ça m'arrive (rire).
Vous êtes une dévergondée à côté de Justine Henin!
Peut-être. Encore que, quand je me compare à certaines filles, je trouve que ça va.
Pourquoi, il y a des filles qui se torchent ou quoi?
Ben, il faut savoir décompresser, on est des gens comme tout le monde. Bon, maintenant, on ne le fait pas souvent…
Donnez-nous les dates où on peut vous croiser en boîte.
Septembre, octobre, quand je suis en période de repos.
Qu'est-ce qu'on se souhaite dans le milieu de l'athlétisme avant une compétition?
Bonne merde.
Bon, ben alors: bonne merde!
C'est gentil. Au revoir.
Tags: Paris, défilé, Etam Lingerie, Printemps-Eté 2010, Natalia Vodianova
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