Ca sent bon la relance

Ca sent bon la relance
les chroniques09/09/2009 14h26Vincent Peiffer

Qu'est-ce que c'est chouette de vous retrouver dans une atmosphère revigorante! Quel contraste, hein, dites! Au moment d'enfiler mes clapettes, mon string et mon petit marcel "Standard Champion", fin juin, tout était morose.

Didjé venait de se tatouiller aux élections, Berlu chipotait des jeunes fifilles, Sarko était Sarko, les dirigeants de Fortis rasaient les murs et le monde vivait un cauchemar économique (et un peu social aussi). Or, là, je reviens et qu'est-ce que je hume? Des senteurs de reprise! Le Bel 20 remonte. Les banques regagnent de l'argent. En plus, quelques entreprises en ont profité pour licencier des employés qui plombaient un peu les dividendes de leurs actionnaires.

Que des bonnes nouvelles! Si ça se trouve, on va bientôt pouvoir reverser des bonus et des stock-options aux grands dirigeants, comme avant. Et, qui sait, peut être assistera-t-on au retour de Maurice Lippens, obligé de se terrer comme un malpropre dans sa villa 18 chambres à Knokke-Le Zoute. Vous voulez que je vous dise? Tout ça n'était finalement qu'un mauvais moment à passer. D'ailleurs, la preuve que tout va déjà beaucoup mieux, c'est que Didjé est toujours président du MR. Il a même lancé le Lotto par Internet. C'est dire si ça va mieux, question lutte contre la fraude fiscale et régulation des marchés.

On sent bien que les grands de ce monde, après une période de doute et de flottement, reprennent leur rôle moteur, leur valeur d'exemple. Le signe qui ne trompe pas, c'est Madame Zinzin. Encore toute raplapla il y a deux mois, Anne-Marie Lizin a rebondi. Pour l'instant essentiellement sur le pare-chocs de cette pétasse qui lui a chipé sa place de bourgmestre et sa place de parking à Huy. Mais c'est un bon début. Et qui, sinon Ma Majesté, pouvait le mieux nous donner l'exemple?

Après avoir marqué les esprits par un touchant discours du 21 Juillet sur la nécessaire solidarité qui nous aidera à surmonter la crise, le roi a donné la voie à suivre en anticipant carrément la relance. Alors que sa fortune (officielle) ne s'élève qu'à 12,4 millions d'euros, Albert a claqué 5 millions pour un tout nouveau yacht. Le message sous-jacent? Prenons des risques! Faisons tourner la machine! Dépensons pour relancer notre économie! Bon, son yacht, il l'a acheté en Italie. Mais il a passé le mot à ses proches. En Belgique, Tante Fabi dépense sa dotation sans compter pour renouveler sa collection de chapeaux à plumes. Mathilde achète tout plein de nouvelles robes Natan pour soutenir le secteur textile.

Quant à Laurent, il compte endiguer le déclin du secteur automobile par une relance de ses achats de Ferrari. Et il n'y a pas que la relance économique qui frémit. On sent aussi un retour aux fondements éthiques. Prenez notre haute magistrature. Dans l'affaire De Tandt, bon, elle avait un peu laissé traîner l'enquête disciplinaire dans un tiroir du Palais de Justice parce que ça la foutait un peu mal pour la corporation des juges. Eh bien, il a suffi que la presse et le ministre de la Justice s'en mêlent un peu et hop!, l'enquête est relancée et la présidente du tribunal de commerce de Bruxelles est suspendue de ses fonctions! Suffisait de demander.
v.peiffer@telemoustique.be

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