
Petite conversation autour de la substance de son dernier roman, le très caillant Voyage d'hiver.
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Bonjour, Amélie Nothomb. Il paraît que vous avez la tête dans le cul.
Amélie Nothomb. - Ah, complètement!
Qu’avez-vous fait hier soir, espèce de dépravée ?
J’étais invitée à la télé, à La grande librairie sur France 5. Pour supporter ce genre d’épreuve, j’ai tendance à boire beaucoup de champagne. Mais hier, ô malheur, il n’y avait pas de champagne sur le plateau, il n’y avait que de la vodka. Je suis parti de là sur une civière…
Comment se fait-il que, dans votre dernier roman, Le voyage d’hiver, il fasse si froid ?
Comment vous dire? Lors d’expériences psychédéliques que vous me permettrez de ne pas trop explorer ici pour ne pas encourir cinq ans de prison, j’ai vécu des froids qui étaient carrément métaphysiques. Ça m’a fait énormément réfléchir sur le froid…
Dans le livre, les personnages prennent des champignons hallucinogènes… Je me suis dit: "Enfin de la drogue chez Amélie Nothomb!"
J’en étais absolument sûre: je savais que ça allait vous faire plaisir. Mais quel sale type vous faites! Il assiste à la déchéance d’un écrivain et il trouve que c’est trop bien…
En plus, vous décrivez super-bien votre trip. Vous l’avez écrit pendant?
Impossible! Impossible d’écrire pendant: on ne peut même pas tenir un stylo.
Qui vous a initiée aux champignons hallucinogènes?
Je ne vais pas vous raconter, je ne dénonce personne, moi.
Et vous avez tout de suite commencé par les champignons? Vous n’avez même pas pris une petite ecstasy avant?
On m’a toujours dit qu’il fallait manger des légumes, que c’était bon pour la santé.
Quand vous êtes sous influence, êtes-vous complètement désinhibée?
C’est différent à chaque fois, il n’y a pas deux trips qui se ressemblent. Il y a des trips qui sont de pures exubérances…
Vous vous êtes déjà foutue à poil ?
Oh, non, faut pas déconner, je suis quelqu’un de très convenable.
Le héros de votre livre travaille à EDF, l’Electrabel français. Avez-vous des tarifs préférentiels, maintenant?
(Rire) J’attends toujours qu’ils m’en proposent. Mais vous savez, l’année dernière, je rendais un hommage au champagne (dans Le fait du prince - NDLR) en espérant que Veuve Clicquot m’arrose. Mais ce sont des rats et je ne vois pas pourquoi EDF serait plus généreuse.
Dans notre société, ça sert à quoi, une romancière?
Je me demande si ça ne sert pas à dire tout haut les fantasmes honteux de tout le monde. Après, les gens peuvent dire "elle est folle" en pensant que, eux, sont normaux.
Vous avez accepté une rencontre avec Maurane pour le mensuel Gael, et vous avez refusé une rencontre avec les lecteurs de Télé Moustique…
Heu… On ne peut pas tout accepter. Ce n’est pas du tout du mépris pour Télé Moustique, il faut faire des choix dans la vie. Ce n’est pas toujours facile, et on n’est pas toujours sûr d’avoir raison… Croyez-le, ce n'est pas contre vous.
Bon, O.K., ça va…
Vous êtes gentil.
Prenez deux Dafalgan et allez vous recoucher. La vodka, ça ne vous réussit pas.
Merci, je vous embrasse.
Tags: sexe, couple, préliminaires, Saint-Valentin, faire l'amour
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