
Il raconte ses anecdotes de boulot. Encore? Oui, mais cette fois, c'est sur scène.
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D'avoir osé ce spectacle, où vous êtes placé dans un home, quel âge mental vous donnez-vous?
Jacques Mercier. - Je n'ai jamais eu l'âge des choses qui m'arrivaient. J'ai toujours tout fait un peu tard. Et là, je me sens un peu comme un adolescent qui rêverait de faire de la scène et à qui on dirait: "Oui, O.K., c'est bon, fais-le, monte, on croit en toi".
Chaque soir, vous recevez la visite d'un ami dans votre petite chambre de petit vieux. Ils se succéderont de semaine en semaine. Après Philippe Geluck et Laurence Bibot, ce sera le tour de Pierre Kroll, Juan d'Outremont et Jean-Luc Fonck. Lequel redoutiez-vous le plus?
Philippe m'a fait peur car il me connaît tellement bien. Je savais qu'il oserait dire des trucs que je ne voulais pas qu'il dise. Laurence a joué l'infirmière. Juan, lui, va tout démolir et il va faire des trucs du genre "Mais c'est pas bon, ce que tu fais. C'est mauvais! C'est comme ça que tu dois raconter ton histoire". Il ne faut juste pas que je me laisse surprendre et que je me vexe. Jean-Luc est celui qui me fait le moins peur, parce qu'il est naturellement bienveillant. En revanche, Kroll me fait peur à cause de sa peur. C'est le moins aguerri aux planches et il se demandait s'il était capable de le faire.
Il fait moins le fier sur scène!
Voilà. Mais ça va aller, là maintenant, je crois qu'il a saisi.
Que l'on raconte votre vie au théâtre de votre vivant, est-ce que ça ne fait pas déjà un peu mausolée?
Non, parce que ce n'est pas ma biographie. Je raconte des anecdotes dans lesquelles je relate des choses que j'ai loupées - des voyages de presse foireux, des interviews ratées, ces moments où j'étais ivre et où je ne savais même pas qui j'interviewais…
Vous, ivre! Jacques! Vous n'avez jamais été saoul durant une interview.
Ah, quand même… A l'époque, je faisais quatre heures d'antenne, en radio, le dimanche soir et je buvais. Enfin, je buvais un peu à la fois mais pendant quatre heures. Et quand je demandais à Francis Cabrel, plusieurs fois de suite, sans m'en rendre compte, s'il n'avait pas envie de faire du cinéma avec le physique qu'il avait, il me répondait: "Comme je vous l'ai dit tout à l'heure, non".
D'autant que s'il y en a bien un qui n'avait pas un physique de cinéma, c'était bien Francis Cabrel!
Vous ne trouvez pas qu'il aurait pu faire du cinéma?
Mais non, pas du tout!
C'est qu'il était plus mon style que le vôtre.
Oui.
Ah, ben… on n'est vraiment pas les mêmes.
En fait, quand vous serez mort, il n'y aura plus qu'à passer le DVD du spectacle au service funèbre!
Ma peur…
C'est de mourir sur scène!
Ce serait bien pour la pub du théâtre, ça. Mais si j'ai une peur - c'est horrible ce que je vais dire parce que ça risque d'arriver -, c'est que l'on ne garde de moi que ça, tous les trucs que j'ai foirés. On risque de ne garder de moi que mes fous rires.
C'est déjà pas mal. Il y a des gens dont on ne retient rien!
Vous avez raison. On n'est pas maître de ça et, dans le fond, ce que l'on gardera de moi, ça m'est un peu égal, franchement. Mais, encore une fois, ce n'est pas ma vie.
Mais c'est un peu le "Jacques Mercier pour les nuls".
Exact. Vous avez bien résumé ça.
"Mercier Go Home", jusqu'au 24 octobre au Théâtre de la Toison d'Or. 02/510.05.10.
Tags: sac, pochette, Printemps-Eté 2010, sacoche
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