Sylvie Vartan

Sylvie Vartan
les chroniques05/10/2009 13h37Seba Ministru

Coup de GSM à son hôtel. Sujets du jour: Carla Bruni, Johnny, sa fille.

Bonjour, Sylvie. Pardonnez-moi de réaliser cette interview par téléphone, mais je suis bloqué à la rédaction… J'espère que vous ne m'en voulez pas?
Sylvie Vartan. - Je ne sais pas, je vais réfléchir. (Rire.)

Votre nouvel album - Toutes peines confondues - est un peu triste. Si ce n'était la voix, c'est presque un disque de Françoise Hardy.
Oh, ben… c'est mélancolique, mais j'ai ça en moi aussi, assez fortement, vu mes origines (bulgares - NDLR), et avec le temps, ça ne s'arrange pas. Je n'ai rien à regretter, si ce n'est que le temps passe trop vite.

Mais vous êtes encore une jeune fille!
Absolument. Quand on chante, on est toujours jeune fille.

En plus, vous avez une toute petite fille (Darina, que Sylvie Vartan et Tony Scotti ont adoptée - NDLR)…
Elle n'est plus si petite, elle a 12 ans maintenant. Et aujourd'hui, 12 ans, c'est comme 16 ans de mon temps.

Donc maintenant, vous avez avec elle un rapport de femme à femme…
Non, de dompteur à mustang! (Rire.) Elle est extrêmement vive, ce qui est bien en même temps, mais elle est pleine de folie, de vigueur, de rêves…

Il faut serrer la vis?
Toujours. Une main de fer dans un gant de velours, la carotte et le bâton.

Vous êtes très à cheval sur l'éducation.
Ah oui. Il faut imposer les limites, il faut de la frustration, il faut toute la panoplie, sinon ça ne va pas.

Elle est bonne à l'école?
Mouais, bof… Elle n'est pas très focalisée, mais bon, on dit que c'est le propre des enfants intelligents, alors.

Qu'est-ce qu'elle veut faire plus tard?
Nous ne savons pas, mais elle penche pour avocate, car oui, nous avons réponse à tout.

Carla Bruni a participé à votre album. Vous avez commencé votre carrière sous de Gaulle, mais vous n'auriez jamais pensé qu'une première dame de France puisse vous écrire une chanson…
Ah ben non. Déjà que c'est inimaginable d'avoir une première dame de France qui chante. Elle est assez atypique aussi.

Et Yvonne de Gaulle ne devait pas être très yéyé…
Non, ce n'était pas son style.

Sur la photo de Pierre et Gilles qui illustre la pochette de votre album, on voit des perles qui font comme des larmes sur votre visage. Qu'est-ce qui fait pleurer Madame Vartan?
Oh, Madame Vartan, elle pleure pour tout. Je pleure aux communions, je pleure aux mariages, je pleure quand c'est gai, quand c'est triste. Avec le métier que je fais, l'amour des gens, je suis de plus en plus à fleur de peau. Mais je lutte, je lutte…

Vu de l'extérieur, on a l'impression que vous êtes tout le temps dans le contrôle.
Hum… J'ai de la pudeur, donc.

Johnny va bientôt donner son dernier concert en Belgique. Qu'est-ce que ça fait d'être associée à jamais au plus grand performer français?
Johnny, c'est mon frère, c'est ma famille. C'est un peu comme un double, je le connais évidemment parfaitement. On est quand même restés mariés dix-sept ans, dans une vie de folie totale, d'émotions extrêmes et violentes.

Pour vous, Johnny, c'est mieux aujourd'hui…
Ayant trouvé un équilibre de part et d'autre, notre amour ne se place plus au même niveau. On ne se déchire plus.

Bien, merci de m'avoir pris au téléphone. Vous avez réfléchi? Vous ne m'en voulez pas?
Tout compte fait, non, je ne vous en veux pas. (Rire.)

"Toutes peines confondues", Sony/RCA.
Le 21 novembre, Forum de Liège, 04/223.18.18.

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