Sex-appeal

Sex-appeal
les chroniques05/10/2009 13h56Vincent Peiffer

Je vais réaliser un tour de force: être le seul chroniqueur du monde libre à ne pas vous parler du grand retour de qui vous savez. Voilà, c'est fait. Je sais, c'est remarquable. Notez bien: j'ai dit que je n'en parlerais pas, je n'ai pas dit que je ne m'en inspirerais pas pour aider les plus nécessiteux de nos grands hommes.

Ceux qui ont besoin d'un bon gros coup de kick médiatique. Avouez que le concept du "Je me casse définitivement et je fais mon grrrand retour dix-huit mois plus tard" est assez brillant. Au nombre d'heures d'antenne consacrées à qui vous savez, normalement, elle aurait dû également nous annoncer la fin du réchauffement climatique, le renflouement du déficit budgétaire de 25 milliards, un vaccin contre le paludisme et la tactique nous permettant de nous débarrasser définitivement de Van Cau et des vérandas Willems. Or non: qui vous savez a réussi à ne parler que de qui vous savez. Très fort. Un autre concept qui pète le feu, question buzz médiatique, c'est le roman à deux balles.

Jusqu'il y a dix jours, la vie de Valéry Giscard d'Estaing nous passionnait autant que la garde-robe de Sabine Laruelle ou l'horoscope d'Anne-Marie Lizin (ou l'inverse). Or voilà que l'ex-président français sort un roman de gare où il s'imagine une romance avec Lady Di. Un peu comme si Charles-Ferdinand Nothomb nous annonçait dans ses mémoires qu'il avait eu une relation torride avec Delphine Boël. Ça ne colle pas. Sauf en France: là, toute la presse a adoré croire au débordant sex-appeal de VGE. Donc, chers confrères journalistes français, veuillez noter ceci: "Giscard n'a jamais niqué Diana". Je répète: "Giscard n'a jamais niqué Diana. C'est juste papy qui a un retour de fantasme".

 Où en étais-je? Oui, je disais que le coup du départ-retour et celui du roman à l'eau de rose étaient de très bonnes armes à rebooster nos grands hommes un peu raplapla. Au vu de sa dégringolade au dernier baromètre politique, le plus raplapla de tous est sans conteste Didier Reynders. Vous me connaissez: jamais je ne laisserai choir mon Didjé! Pour le remettre au top, j'ai longtemps hésité entre deux stratégies: le départ-retour en politique ou alors le biesse roman.

Et pourquoi pas les deux, finalement? C'est plus sûr. Donc voilà, Didjé, c'est décidé: dimanche, tu fais une conférence de presse où tu annonces ton retrait "définitif" de la politique. Ne te laisse pas abattre par la grande soirée "Enfin libres!" organisée par tes amis du MR. Après, tu pars en voyage avec Unicef-Tour, tu fais Les douze travaux de Didier Reynders à la RTBF, tu passes des week-ends chez ton ami Albert Frère, tu fais un peu comédien dans Poubelle la vie et tu danses le kazatchok dans le nouveau clip du Grand Jojo.

Très important: tu rédiges aussi un joli roman comme Barbara Cartland. Attention: n'oublie pas d'y raconter qu'entre toi et la princesse Mathilde, c'était chaud boulette, question attirance. Et là, seulement, tu téléphones à Laurent Haulotte pour annoncer sur RTL que tu fais ton grrrand retour triomphal en politique et que tu crées un nouveau parti avec Rudy Aernoudt et Mischaël Modrikamen. Je sais que tu es impatient. Mais, surtout, pas de précipitation! Tu prévois ton retour, disons, pour 2037.

v.peiffer@telemoustique.be

Tags: , , ,





Il n'y a pas encore de réactions

Se connecter pour ajouter un commentaire

Twitter