
En roue libre, sur les hommes, Giscard, la retraite et le Botox.
Votre spectacle Et pas une ride, c'est un portrait de vous aujourd'hui mais aussi celui d'une génération de femmes. Vous êtes une génération de femmes?
Michèle Bernier. - Bien sûr. Quand on arrive à 50 ans, on est une génération. On est souvent la cible d'une société qui considère que, passé 50 ans, on n'est plus grand-chose.
Encore aujourd'hui? Vous le pensez?
Oui, totalement. Essayez de chercher du travail quand vous avez 50 ans, vous allez voir. Et puis, on vous parle comme à un vieux, de trucs de vieux. On vous parle de votre retraite, de votre santé…
Comme dans ces publicités à la télé pour des baignoires avec des portes, des infusions pour les articulations et des assurances obsèques.
Exactement. Si vous venez voir le spectacle, vous verrez ça. Ça parle du temps qui passe, de la rage de dire qu'à 50 ans, on a plein de choses à faire, et qu'on sera des grands-mères très rock and roll.
Mais les actrices, Michèle, elle ont plus de chance que les autres. Elles se font faire des crèmes en Suisse à base de vessie de mouton.
Pas moi, franchement. Je ne tuerai certainement pas un mouton pour me mettre de la crème dessus. En plus, les actrices, ça n'a pas toujours à voir avec les produits. Ça a plus à voir avec la chirurgie esthétique et Photoshop. (Rire.)
Alors, puisque vous en parlez la première… Où en est-on du chantier chez vous? Botox? Collagène? Opération?
Rien. Moi, je suis nature. Ecolo.
Est-ce que ça vous plairait, un jour, d'être première dame de France?
Oui, mais je choisirais mon président. (Rire.)
Alors, dites-moi. Qui?
(Rire). Oh, ben, je ne sais pas encore…
Mais allez, il y a plein de beaux mecs au Parti socialiste français: Benoît Hamon, Vincent Peillon, Manuel Valls…
Ah, oui, ils le sont. Je vais voir, je n'ai pas encore fait mon choix. Mais je pense que je vais me marier avec Cohn-Bendit.
Auriez-vous aimé avoir une aventure sexuelle avec Valéry Giscard d'Estaing?
(Silence.) Ben, heu… (Silence.) Non. Mais je ne suis pas princesse…
Taratata! Ce n'est pas parce qu'on n'est pas princesse qu'on n'est pas la princesse d'un homme.
C'est vrai. Mais je ne pense pas que j'aurais été attirée. Ce genre de monsieur ne m'attire pas. En même temps, je le remercie infiniment d'avoir fait tout ce qu'il a fait pour les femmes à l'époque où il était président.
Ah, oui, Simone Veil, la loi sur l'avortement, tout ça…
Hé ben oui, la pilule et l'avortement, c'est lui.
Merci Valéry!
Ah oui, merci Valéry.
Un homme vous a-t-il déjà dit que vous lui faisiez penser à sa mère?
Le premier qui me dit ça, il prend une beigne. (Rire.)
Etes-vous déjà sortie avec un homme qui vous faisait penser à votre père, le professeur Choron?
Ah, mon Dieu, non! Je ne suis pas comme ça, je ne suis pas dans ces trucs. Je suis une fille à peu près équilibrée.
En quoi aimeriez-vous être réincarnée? En girafe d'Afrique? En Naomi Campbell? Ou en caleçon de George Clooney?
En caleçon de George Clooney! Qu'est-ce que vous voulez? C'est comme ça, hein: il fait rêver, il fait rêver, on n'y peut rien. Et en plus, j'adore le café, alors…
Qu'est-ce que vous feriez si vous pouviez être dans la peau d'un homme pendant 24 heures?
Je ferais le ménage pour voir ce que ça fait. (Rire.)
Merci, Michèle.
Je vous en prie, au revoir.
Tags: ballerines, sandales, chaussures d'été, bottillons
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