Lorànt Deutsch

Lorànt Deutsch
les chroniques11/12/2009 12h03Seba Ministru

Acteur, footeux, jeune marié et désormais écrivain historien.

Acteur, footeux, jeune marié et désormais écrivain historien.

Votre livre, Métronome, raconte les grands épisodes de l'histoire de France par la bouche du métro.
Lorànt Deutsch. - Exactement. Je me sers du métro et de ses stations pour me retrouver nez à nez avec le passé, les vestiges. J'ai l'habitude de dire que c'est un livre que j'ai écrit avec mes pieds, parce que je suis un piéton infatigable à la recherche de trésors.

Vous êtes incollable sur les histoires des rues de Paris. Vous saoulez tout le monde avec vos histoires de rues au point qu'un éditeur vous a dit: "Allez, fais un livre".
Oui, c'est ça. Michel Lafon m'a entendu un jour chez Marc-Olivier Fogiel. Il m'a dit: "T'es incollable sur les rues de Paris, fais-en un livre, raconte-nous de belles histoires. Tu parles trop vite, mets tout dans un livre, comme ça les gens auront le temps de comprendre tout ce que tu dis".

Vous le connaissiez, Michel Lafon?
Non, je l'ai rencontré à cette occasion.

Vous savez que, dans les années 70, il publiait le magazine Podium...
Oui, avec Claude François. Je l'ai appris après.

Si vous l'aviez su avant, vous ne l'auriez pas fait, le bouquin!
Si, pourquoi pas? Il a été le premier à me tendre la main. L'idée est venue de lui. Avant lui, il n'y avait pas d'idée.

C'est lui qui a publié Ma médecine naturelle de Rika Zaraï, La valise en carton de Linda de Suza...
C'est ce qui a fait peur aux écrivains, aux critiques et aux historiens. Ils se sont dit que, chez Michel Lafon, ce serait un livre sur "moi, ma vie, mon oeuvre" avec quelques anecdotes ludiques alors que, pour moi, ce livre, c'est un peu ma thèse sur l'histoire de France dont je suis fou amoureux depuis que j'ai 12-13 ans.

A 12 ans, vous vouliez être joueur de foot. Vous êtes en sports-études à Nantes. Un an plus tard, vous laissez tomber. Vous n'étiez pas bon ou quoi?
Oui, je n'étais pas bon. A l'époque, je pensais qu'il y avait un complot. Ce n'était pas possible que ce soit à cause de moi. Mais il semblerait, objectivement, que je n'étais pas assez bon pour faire carrière. En tant que Gaulois, le ciel me tombait sur la tête.

Sur une main de Thierry Henry, la France s'est qualifiée en Coupe du monde...
D'une manière insoupçonnable! (Rire.) D'une manière irréfutable...

Laissez-moi rire!
Ça a été un hold-up dans les deux sens. C'est un hold-up pour les Irlandais, qui ne gagnaient pas mais qui faisaient un match incroyable, et qui les a empêchés d'aller en finale. Et nous, les Français, ça nous a privés de savourer cette victoire. Mais il n'y a pas de quoi pavoiser. On a triché, c'est sûr.

Vous avez longtemps été complexé par votre petite taille.
Qui vous a dit? Qu'est-ce que c'est, cette révélation? Oui, j'en ai souffert, mais maintenant, je suis moins ingrat avec mon corps. Mais à l'adolescence, quand on se cherche, ça a été dur pour moi. A 14 ans, ça ne pardonne pas, on est dans l'arène.

Que ressentiez-vous?
De la souffrance. J'avais besoin d'exister, alors je donnais tout le temps dans le coup de poing. Les grands, ils vous menacent mais ils ne sont pas forcément plus forts. J'étais violent, agressif, un petit roquet. Heureusement, j'ai été recadré. Mais je ne suis pas fier de cette période de faiblesse. La violence, ce n'est que l'expression de la faiblesse. Et moi, de ce côté-là, j'étais très faible.

Ça ne vous a pas empêché de trouver une jolie épouse. Félicitations, vous êtes marié depuis peu!
Merci beaucoup. Jeune marié, oui.

Une épouse rencontrée au boulot!
Oui, une comédienne aussi.

Qui s'appelle Julie...
Ben, Deutsch. Julie Deutsch (l'actrice Marie-Julie Baup - NDLR).

"Métronome", Editions Michel Lafon.

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