
C'est pas juste: le Mémère pique une fois de plus dans les
sondages, malgré tous tes efforts que tu fais pour nous. Une DLU pour
les riches fraudeurs, une deuxième amnistie fiscale pour fraudeurs, des
intérêts notionnels, plein de trucs chouettes!
C’est pas juste: le Mémère pique une fois de plus dans les sondages, malgré tous tes efforts que tu fais pour nous. Une DLU pour les riches fraudeurs, une deuxième amnistie fiscale pour fraudeurs, des intérêts notionnels, plein de trucs chouettes!
Et nous, on te remercie comment? En larguant ton Mémère à 11 % du vilain PS en Wallonie! Même à Bruxelles, les socialisses sont devant! C’est dur, la politique, hein, mon Didjé? En Italie, en revanche, c’est cool. A force de ne parler que de sa quéquette et de se tricoter des lois sur mesure pour éviter des bricoles en justice, Silvio devait se prendre une touille aux régionales. Mais Berlu, il a sorti son truc favori: les injures qui puent. Claude Eerdekens, à côté, c’est du délicat. Un journaliste italien pose une question à Silvio sur ses ennuis judiciaires?
"Ta gueule, connard! D’ailleurs, t’es moche!" Les juges qui s’intéressent à ses bidouilles? "Des communistes! Des terroristes!" Voilà, ça, c’est fait. Et puis le matin du scrutin, il gomine ses implants capillaires, il passe un dernier coup sous les UV, il chausse ses dents en plâtre verni, il met une belle chemise ouverte jusqu’au troisième bouton pour montrer comment son torse est bien épilé, et il va voter! Toutes les télés sont là (obligé: elles sont à lui). Et tu sais quoi, Didjé? Les Italiens votent quand même pour son parti! Il est fort, Berlu.
Tandis que toi, quoi que tu fasses, tu te viandes. Et je comprends bien ce que tu as révélé dans ta dernière interview: tu as failli quitter la politique. A cause des attaques contre tes collaborateurs, disais-tu. Là, mon Didjé, je crois que tu te méprends. Ce qui gêne, ce ne sont pas tes collaborateurs. C’est seulement toi. Je t’explique: au Mémère, on a bien vu qu’ils faisaient du boudin parce que tu foires tout et que tu veux quand même rester leur président, leur vice-Premier et leur ministre des Finances. Après, tu leur dis: "OK, OK, on va faire un nouveau manifeste du Mémère, on va devenir humanistes comme Joëlle, mais je reste président vu que j’ai plusieurs cerveaux pour tout faire. Z’êtes contents, les Schtroumpfs?" Rideau. Mais nous, les électeurs, on sait bien que t’as qu’un seul cerveau! Or, en démocratie, c’est nous qu’on décide, tu vois. Alors, vu que tu nous prends un peu pour des neuneus, on dégomme ton parti, tu comprends? Pour limiter la casse, tu pourrais faire un truc simple: laisser la présidence du Mémère à un autre. Mais ça, t’es trop tiestu. L’autre truc, ce serait de te la jouer Berlu. C’est pas mal, ça! Tu teins tes cheveux blancs en noir, tu les plaques à la gomina, tu soulignes ton regard à l’eye-liner, tu dors six mois sous un banc solaire et tu dragues quelques bibiches de RTL. Quelques semaines avant les législatives 2011, tu fais une conférence de presse où tu m’invites. Là, je te pose une question sur tes cumuls et toi, tu me sulfates d’injures devant les caméras: "Lopette, gros thon, avatar!" Le jour des élections, tu fais encore plus distingué que Silvio: tu mets un marcel sous ton veston et tu n’oublies pas de porter un joli collier, genre grosse gourmette en or, mais pour le cou. Et là, devant les photographes, tu nous sors ce sourire qui nous dit: "Alors, les filles, il est pas craquant, le beau Didjé?" En Italie, ça marche.
v.peiffer@telemoustique.be
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