
Vous voyez! Quand on veut, on peut sauver la Belgique! Il suffit, par exemple, de bien comprendre le régime des "facilités" généreusement accordées par la Flandre aux francophones. Par exemple, à Drogenbos, une des six communes "à facilités" de la périphérie de Bruxelles, ils les ont bien comprises, eux, les "facilités".
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Vous voyez! Quand on veut, on peut sauver la Belgique! Il suffit, par exemple, de bien comprendre le régime des "facilités" généreusement accordées par la Flandre aux francophones. Par exemple, à Drogenbos, une des six communes "à facilités" de la périphérie de Bruxelles, ils les ont bien comprises, eux, les "facilités".
Dans cette commune, on n’enverra pas les convocations électorales en français aux 60 % de citoyens francophones. Uniquement en néerlandais. Et vu qu’on est dans une commune "à facilités", l’administration communale ajoutera à la convocation une jolie lettre en français pour les habitants francophones (ouiche!) et en néerlandais pour les néerlandophones (aaah!). Cette lettre expliquera comment faire pour échanger sa convocation et la recevoir dans sa langue. Fastoche: il suffira aux 3.000 francophones vivant à Drogenbos de prendre congé, d’aller à la commune et de faire une demande officielle.
Après, des fonctionnaires communaux, qui n’ont que ça à foutre dans la vie, prendront une (deuxième) enveloppe, y mettront la (deuxième) convocation, iront (une deuxième fois) à la poste et hop! les électeurs francophones recevront leur (deuxième) convocation dans leur boîte aux lettres. C’est quand même chouette, non? Ce que je n’ai pas trop compris, c’est pourquoi la lettre explique en néerlandais aux néerlandophones de Drogenbos comment eux aussi peuvent demander une deuxième convocation. Je suppose que c’est destiné à ceux qui voudraient demander une traduction néerlandais-néerlandais de leur convocation. Enfin soit, l’important c’est que Geert Bourgeois ne soit pas fâché. J’en suis sûr, le ministre flamand (N-VA) de l’Intérieur est même très content d’accorder ces "facilités" aux francophones. Et d’étendre ces mêmes "facilités" à tous les documents administratifs communaux. D’ailleurs, regardez un peu sur la photo comme il est content, Geert! Ça fait plaisir à voir.
Ne me dites pas bêtement: mais pourquoi ne pas directement envoyer la convocation en français aux francophones et en néerlandais aux néerlandophones? Ou encore plus bêtement: pourquoi pas une convocation bilingue? Ah non! On a dit "communes à facilités". On n’a pas dit "communes où les autorités facilitent la vie des gens". S'ils veulent sauver la Belgique, les francophones devraient comprendre une bonne fois pour toutes que "à facilités", c’est un terme générique qui a été choisi comme ça, à pouf. On aurait pu choisir "à la sauce lapin" ou "à la bonne franquette". Mais non, on a choisi "à facilités".
Ce qui est bien aussi, avec "à facilités", c’est que ça signale aux francophones que ça pourrait être pire, questions "facilités". Geert Bourgeois pourrait en effet imaginer un système encore plus "à facilités". Tu veux recevoir ta convocation électorale en français? Mais avec plaisir! Il te suffit d’abord de faire une demande à la commune pour la traduire du néerlandais en swahili, puis une autre demande du swahili en malgache, puis du malgache en tonkinois, du tonkinois en moldave, et enfin du moldave en français. Eh bien non! Le gouvernement flamand a voulu que ce soit plus facile: du néerlandais au français, directement! Si ce n’est pas veiller à nos "facilités", ça, je n’y connais rien…
v.peiffer@telemoustique.be
Tags: amour, Saint-Valentin, sms, Valentin
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