
Pourquoi on ne l'écoute jamais, le baron Albert? Il l'avait dit, qu'il
ne fallait pas voter comme ça! Et voilà, maintenant, on a Bart avec 27
sièges! Bébert avait pourtant fait son petit possible pour nous mettre
en garde.
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Pourquoi on ne l’écoute jamais, le baron Albert? Il l’avait dit, qu’il ne fallait pas voter comme ça! Et voilà, maintenant, on a Bart avec 27 sièges! Bébert avait pourtant fait son petit possible pour nous mettre en garde.
Vendredi, juste avant qu’on aille voter, il avait donné une vibrante interview au Soir, où il invitait ses chers compatriotes "à l’unité et au prestige de la Belgique". Un appel du 13 juin, si on veut. Mais les Belges n’en font qu’à leurs têtes de tiestus et n’écoutent jamais les grands hommes. Et Dieu sait si Albert Frère est un grand Belge! Pour ceux qui ne connaissent pas les performances à Bébert, je vous le présente.
Dans les années 70, ce dynamique gaillard de Charleroi rachète pour deux balles l’empire sidérurgique carolorégien, qui est déjà sur sa caisse. Puis il va trouver les politiques: "Hé, les gars, faut me racheter mes usines avec des gros sous-sous de l’Etat pour sauver la sidérurgie wallonne! Sinon, je vais devoir mettre des milliers de métallos sur le chômage. Ce serait moche, hein!" Et l’Etat débourse donc ses énormes subsides, qui vont dans les poches à Bébert. La Flandre réclame bien évidemment de compenser tout ça, et obtient de très gros investissements d’infrastructure (comme le port de Zeebrugge).
Ce qui creusera l’écart économique entre la Flandre et la Wallonie, dénoncé par les nationalistes du Nord. Son pactole sous le bras, Bébert montre ensuite aux financiers-spéculateurs du monde entier comment on fait fortune en dépeçant son pays. Il investit dans les fleurons de l’économie belge, puis les revend très cher à l’étranger: la BBL à ING, Petrofina à Total, Tractebel/Electrabel à Suez… Aujourd’hui à la tête d’une fortune de trois milliards d’euros, Bébert de Gerpinnes est le premier actionnaire du géant pétrolier Total et du mammouth énergétique GDF-Suez. Oui, c’est ça: la maison mère d’Electrabel, celle qui nous fait payer bien cher notre électricité et qui refuse de payer sa rente nucléaire. Pour avoir si bien assuré le prestige de la Belgique à l’étranger, il était bien normal que le grand Albert Frère soit anobli par le roi. Mon Bébert est d’ailleurs très attaché à son pays. Dans l’interview au Soir, il s’implique à fond. Face à la crise financière, il nous promet "du sang et des larmes". Il prévoit aussi que "notre système de sécurité sociale va souffrir" et que "l’heure de l’austérité a sonné!".
Kazem Sedighi est lui aussi un grand homme dans son pays, puisqu’il est ayatollah en Iran. A la prière du vendredi, ce grand imam de Téhéran vient d’expliquer aux fidèles le pourquoi de l’augmentation de l’activité sismique: "Beaucoup de femmes mal habillées (sans voile intégral) corrompent les jeunes, ce qui augmente les relations sexuelles illicites (et les secousses dues aux ébats), ce qui accroît le nombre de tremblements de terre". Ça n’a évidemment aucun rapport avec Albert Frère. Mais c’est juste pour m’excuser à l’avance de ma rusticité. Tu vois, Bébert, quand je lis certaines interviews de grands bonshommes, j’ai parfois des pulsions qui me font écrire des choses pas très polies. Et là, avec tes leçons de citoyenneté et ton prestige de la Belgique, c’est comme pour l’ayatollah, ça vient tout seul: TA GU…!
v.peiffer@telemoustique.be
Tags: Kim Clijsters, buzz, massage, éléphant
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