Xavier Gossuin: Il y a un petit grain de Sissi qui est retombé en moi

Xavier Gossuin: Il y a un petit grain de Sissi qui est retombé en moi
les chroniques18/10/2010 09h33Seba Ministru

Chorégraphe, il est l'incarnation de Sissi, au centre d'une grande expo au Château de Seneffe.

Chorégraphe, il est l’incarnation de Sissi, au centre d’une grande expo au Château de Seneffe.

A quand remonte votre rencontre avec Sissi?
Xavier Gossuin. - Quand j’avais 8 ans, j’ai découvert ces fameux films avec Romy Schneider qui m’ont tout de suite révolté.

Ça commence bien!
Il y avait quelque chose qui clochait dans ces films, mais je ne savais pas quoi. Il m’a fallu dix ans pour comprendre ce qui m’énervait: la logique historique y était, mais l’étude du personnage était complètement faussée.

A 8 ans, comment pouviez-vous sentir que quelque chose clochait?
C’est l’histoire de mon enfance. Pour vous donner un exemple, je suis daltonien, j’habitais près d’un passage à niveau et je ne comprenais pas pourquoi on disait que le feu était vert, puisque moi, je le voyais blanc.

Comment en êtes-vous venu à vous habiller comme Sissi?
Progressivement. C’est d’abord la crinoline qui m’intéressait. Et puis, un jour, je me suis fait une robe pour un bal: le Bal du Rat mort à Ostende. Une robe rouge et blanc et Sissi m’a rattrapé au tournant. Lorsqu’un hussard m’a invité à danser, il m’a dit: "Vous êtes l’impératrice Sissi". J’ai répondu: "Ah bon? Première nouvelle".

Il s’est passé un truc entre vous, Sissi et lui, hussard…
Voilà. Je ne sais pas qui travaille qui au corps, mais je soupçonne l’âme voyageuse de Sissi d’avoir voulu me faire glisser sur un terrain dangereux qui serait celui où l’on ne sait plus qui l’on est. Mais ça n’a pas marché (rire). Sissi, qui est un personnage très complexe, m’a permis de trouver un passage entre ce monde-ci et le monde rêvé.

L’esprit de Sissi vous a pris en affection…
On peut dire ça. Même si je sais que je ne suis pas la réincarnation de Sissi, mais j’ai peut-être une petite partie d’elle en moi. Quand on meurt, on explose, et il y a un petit grain de Sissi qui est retombé en moi, pour le meilleur et pour le pire (rire).

Quand elle est morte, des particules de Sissi ont fait le voyage jusqu’à Tournai où vous habitiez?
En tout cas, c’est sur mon chemin et grâce à Sissi, je vis une reconnaissance.

Mais à Tournai, vous ne portiez pas les robes de Sissi pour aller au Delhaize!
(Rire.) Non, je les porte dans des circonstances bien précises, notamment au Carnaval de Venise. Et quand je rentre ici, il me faut un temps de réadaptation. J’ai tendance à m’arrêter devant les portes en attendant qu’on me les ouvre, puisqu’on ouvre la porte à l’impératrice…

Et à Venise, vous êtes l’ambassadrice de Sissi…
Oui, je suis devenu la Sissi du carnaval.

Il n’y a pas d’autres concurrentes?
Au début, il y en avait…

Mais vous les avez toutes massacrées!
(Rire.) Voilà, il n’y en a plus du tout.

Etes-vous fière d’être la seule Sissi autorisée à Venise?
Non, j’en ai de la reconnaissance. Il y a cette vérité au fond de moi qui sort de façon naturelle, le côté impérieux de mon personnage. Une aisance, une prestance, une grâce qui sortent sans être ni provoquées, ni travaillées.

Qu’en ont pensé vos parents?
C’était pas évident (rire). Ma mère, aimant la couture, a découvert le personnage. Mon père a eu des difficultés avec mon côté féminin, parce qu’il n’a pas fallu attendre Sissi pour développer mon côté androgyne. Mon père, qui aimait les armes à feu, ne voulait pas que je fasse de la danse… Mais un jour, je l’ai emmené à Venise, en lui disant: "Je sais que ça ne t’intéresse pas, mais viens". Et je crois que, sans en parler, il s’est retrouvé devant la dimension littéraire du personnage…

Toutes les robes montrées à l’exposition de Seneffe sont faites de vos mains…
Oui, avec l’aide de ma m

Tags: ,





Il n'y a pas encore de réactions

Se connecter pour ajouter un commentaire

Twitter