
A 84 ans, il publie C'est une chose étrange à la fin que le monde.
Et tout est dit.
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A 84 ans, il publie C’est une chose étrange à la fin que le monde. Et tout est dit.
Si vous n’aviez pas été vous, qui auriez-vous aimé être?
Jean d’Ormesson. - Oh! J’aurais adoré être Cary Grant. Encore que, j’hésiterais entre Cary Grant et Woody Allen.
Que feriez-vous si vous étiez une femme pendant vingt-quatre heures?
(Long silence.) J’essaierais de plaire aux hommes, sûrement. Et je les ferais marcher.
Par revanche?
Non, pas par revanche. Par habitude.
Avez-vous déjà rencontré Dieu?
Non.
Vous ne pouvez même pas me dire s’il est sympa…
Non.
Si vous le rencontriez, vous auriez - comme tout le monde - deux mots à lui dire…
J’espère qu’il aurait, lui, un mot à me dire. J’espère qu’il me dirait: "Je te pardonne".
Jean d’Ormesson est-il un personnage?
Un personnage parmi d’autres. Naturellement, il y a des gens qui courent plus vite que d’autres, mais je crois profondément à l’égalité des hommes. Je doute même de l’intelligence. Je pense qu’il y a des gens qui ont plus d’occasions, plus de chance que d’autres.
Mais vous, vous êtes devenu un people. Vous êtes le Karl Lagerfeld des lettres françaises!
(Rire.) Oui, c’est ça.
Comme Lagerfeld, vous avez été élevé comme un petit prince dans un château…
Il a été élevé dans un château?
En tout cas comme un petit prince…
Moi, j’ai été élevé dans un immense château (le château de Saint-Fargeau - NDLR). Mais on a été obligé de s’en séparer…
Pourquoi?
Parce qu’on n’avait plus d’argent. Ça coûte très cher, vous savez, un château…
Oui, j’imagine. Le chauffage…
En chauffage, et puis réparer le toit d’un château…
Ça vous a brisé le cœur?
Ça m’a fait de la peine. Mais en un certain sens, ça m’a libéré. Je n’avais pas tellement envie de rester dans ce château, j’avais envie d’aller me promener, j’avais envie d’aller à Saint-Tropez quand j’avais 15 ans… Mais ça a tué ma mère…
Oh…
Oui, elle est morte de ça. Vous savez, on est très attaché aux maisons, il ne faut pas s’attacher aux choses - peut-être pas même aux gens.
Avez-vous déjà rencontré Julien Doré qui a créé un groupe à votre nom - le Jean d’Ormesson Disco Suicide - et qui a votre nom tatoué sur son épaule?
Oui, bien sûr. Je l’aime beaucoup. Il a énormément de talent, j’étais sûr qu’il allait faire une grande carrière… C’est merveilleux, je lui dois beaucoup… Je suis le seul académicien qui a un club rock à son nom, je peux vous le jurer.
Dans votre vie, avez-vous l‘impression d’avoir été un salaud?
Un salaud? Non. Enfin… J’ai raconté dans un livre qui s’appelle Qu’ai-je donc fait? quelques événements de ma vie où je n’ai pas toujours été exemplaire.
Aimez-vous les interviews?
Les ?
Les interviews. Les rencontres avec les journalistes.
Oui, et je n’aimerais pas faire de la démagogie, mais surtout ici en Belgique. Et vous savez pourquoi?
Parce que les journalistes belges lisent les livres.
Oui. C’est stupéfiant.
"C’est une chose étrange à la fin que le monde", Robert Laffont.
Tags: Julien Doré, Karl Lagerfeld, Jean d'Ormesson
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