Mika: "Je déteste la violence, c’est une faiblesse"

Mika
mika je deteste la violence cest une faiblesse11/09/2012 09h21Pascal De Gendt

Mika

The Origin Of Love



La star lollipop entre dans l'âge adulte, mais a gardé sa naïveté ès crayons de couleur.

Mika est un mec bien. Si, si, on vous l’assure. Il n’est pas venu celui qui le surprendra à "se la péter", alors que d’autres le font sans avoir vendu ses huit millions d’albums. C’est surtout un artiste qui ne se cache pas, ou plus: il avoue sans honte que sa musique est à prétentions commerciales, et tant pis pour les snobs, et n’invoque plus une prétendue bisexualité lorsqu’on lui demande, ce que tout le monde pressentait déjà, s’il est homosexuel. Il s’assume.

En tête-à-tête, il quitte son costume de pile électrique qui saute partout sur scène et de faiseur de tubes pour redevenir un jeune homme un peu timide mais affable. Mika présente même ses excuses lorsque son tour manager vient, nerveusement, interrompre l’entretien pour lui rappeler qu’il monte bientôt sur scène. Ce soir-là, le samedi 28 juillet, il est la tête d’affiche du Suikerrock, le festival familial qui se tient dans la cité du sucre, à Tirlemont. Et comme d’habitude, il mettra le feu au public grâce à un concert haut en couleur durant lequel les morceaux de "The Origin of Love", son nouvel album, se mélangent sans problème aux autres chansons de son répertoire. Il est vrai que lorsqu’on dispose de cartouches comme Elle me dit ou Celebrate, on n’a pas trop de souci à se faire.

En quoi ce nouvel album diffère des deux précédents?
Mika - Quand j’ai écrit mon premier album, j’étais entouré de gens. C’était une ambiance très collégiale et j’ai fait ce disque pour mes amis et avec eux. C’était une communauté. Pour "The Boy Who Knew Too Much", mon deuxième enregistrement, j’étais seul et j’en avais besoin. Pour "The Origin Of Love", je ne voulais plus de cela. Ce n’est pas parce que c’est de la pop music avec des prétentions commerciales qu’il faut se sentir aliéné par une certaine manière de faire. Donc, j’ai pris mes bagages et je suis parti où je pouvais trouver des gens qui m’aimaient.

Vous vous ouvrez davantage au monde extérieur. Selon quels critères avez-vous choisi tous ces grands noms qui figurent sur votre album?
Mika - Je n'avais pas de liste en particulier. J'ai contacté des producteurs ou des remixeurs réputés pour leur sens de la curiosité, comme Pharrell Williams, William Orbit ou Benny Benassi. Je me suis dit que j’allais essayer et tant mieux si cela marchait. Vous ne savez pas vraiment à l’avance comment va être une personne. Certains pouvaient se révéler des requins juste intéressés par l’argent ou des trous du cul. Le but n’était pas d’arriver et de dire: "Je veux quelque chose de vous. Donnez-moi une chanson et je vous paie". Ce n’était pas du tout ça. C’était plutôt: "Amusons-nous ensemble, donnez-moi de l’inspiration, aidez-moi à m’exprimer". Et c’était un échange puisque moi aussi, j’ai écrit des chansons pour d’autres, Empire Of The Sun ou Madonna.

Cet album sonne un peu plus électro. Aujourd'hui, tout le monde fait de l'électro.
Mika - On entend beaucoup de musique électronique partout mais une grande partie ressemble à de la pornographie, c’est juste pour vous en mettre plein la vue avec un maximum d’effets. Moi, je préfère la musique électronique des années 70, des trucs comme Fleetwood Mac, ou la house française des années 90. Ou encore des groupes plus calmes comme Röykssop. Cela dit, ça ne concerne qu’une moitié de chansons de l’album. Sur l’autre moitié, il n’y a pas d’électronique. C’est une évolution: sur le premier album, il y avait des parties électroniques partout mais elles étaient cachées. Sur le second, il n’y en avait pas beaucoup, à part sur Rain.

La chanson Popular a pour thème le star-système et ses dérives. Est-ce facile de rester accessible et les pieds sur terre quand on atteint votre niveau de notoriété?
Mika - Quand on a une famille libanaise comme la mienne, oui, c’est facile. On se voit tout le temps, on se bat, on rigole beaucoup. Et puis, il faut faire une différence, je suis une personne publique mais pas une célébrité. Je ne parle de ma vie privée que dans mes paroles. C’est une protection. Pour finir, je dirais que la musique que je fais me permet de garder les pieds sur terre.

Ah bon? Quel est le rapport?
Mika - Avec la manière dont s’est construite ma carrière, et la diffusion de ma musique par Internet, je peux faire des concerts dans presque tous les pays du monde mais dans des configurations différentes. Je peux me retrouver dans un festival devant 20.000 personnes et le soir suivant, me produire dans une salle de 1.000 personnes.

Le Mika de 2012 est-il le même Mika qu’en 2007?
Mika - Oui, à 100 %. J’ai bien sûr évolué mais dans mon cœur, j’ai les mêmes objectifs, les mêmes désirs et les mêmes préoccupations. Seul le contexte a changé.

Ça ressemble à quoi, un Mika de mauvaise humeur?
Mika - Je déteste la violence, c’est une faiblesse, donc je ne suis pas du genre à tout casser. Quand je suis de mauvaise humeur, je prends mon temps. Je réfléchis à la situation, à comment la rendre moins négative. Et même si les gens ressentent le contraire, je suis souvent de mauvaise humeur.

Vous montez sur scène dans une demi-heure, vous connaissez encore le trac?
Mika - Oui, bien sûr. Chaque fois, je pense que je vais perdre ma voix et je commence à toucher ma gorge comme vous pouvez le constater depuis quelques minutes. Je n’ai aucune idée du public. On ne sait jamais comment seront les réactions, c’est un peu une loterie. D’ailleurs, je suis désolé, mais là je dois vraiment aller me préparer.

 

Le 3/11 au Cirque Royal.

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