Loger chez l'habitant? Voyager autrement

Voyager autrement
le magazine30/05/2014 12h16Véronique Laurent

Tendances

Le bon plan

Dormir chez l'habitant aux quatre coins du monde pour deux fois rien, voire gratuitement, c'est possible. Grâce à Internet. Le point de départ vers un tourisme plus participatif, authentique, écologique.

Aujourd’hui, le touriste se fait voyageur (au minimum!), découvreur, globe-trotter, voire aventurier. Il sort des sentiers battus, trouve les meilleurs spots, les adresses secrètes, authentiques, locales. Les possibilités offertes par le Web mettent le monde à portée de sa main, sa recherche d'exclusif n'en est qu'à ses débuts. La crise financière l'oblige à l'économie, mais pas à faire une croix sur l’expérience… De nouveaux types de tourisme voient ainsi le jour, dont le plus emblématique, le couchsurfing, consiste à "surfer d'un canapé à un autre". D’un convertible niché dans une chambre de bonne à Paris à un futon au Japon, en passant par un hamac en Asie.

Ce concept a germé en 2004 quand quatre copains américains ont cherché à découvrir Reykjavik sans passer par la nuitée impersonnelle dans un hôtel. Ils envoient alors par mail des demandes aux habitants et les retours témoignent d'un tel enthousiasme qu'ils créent un site pour partager l'expérience. Les slogans "Vous avez des amis partout dans le monde, mais vous ne le savez pas encore!" ou "Share your life" soulignent le côté communauté du voyage misant sur l'hospitalité: offrir un endroit où dormir mais aussi une connaissance de la ville ou du quartier, un repas maison. Bref, un moment de vie à partager avec un inconnu. Enfin, pas tout à fait puisqu’il a sélectionné ses hôtes suivant une liste de critères (centres d'intérêt, âge, sexe, etc.), complétée par un système de recommandations. Le fait d'encoder un profil, avec photo, rassure les accueillants comme le couchsurfeur.

Bienvenue chez nous

Du côté des gens qui ouvrent leur maison, on trouve aussi les greeters (hôtes en français), des bénévoles accueillant les nouveaux touristes pour une rencontre à haute teneur locale, partage d'anecdotes, lieux insolites, offrant la possibilité de vivre le voyage comme une expérience sociale unique en dehors du circuit commercial. L'échange culturel, le respect mutuel, le partage, la curiosité, l'ouverture en somme sont les valeurs véhiculées. Et ça marche: la communauté compte à ce jour 7 millions de membres dans plus de 100.000 villes.

 

D'autres sites basés sur la mutualisation vont un plus plus loin que la proposition d'un canapé: l'échange de maisons. Home Exchange, par exemple, sur lequel on ne paie que l'inscription. "On s'était encodés un peu par curiosité, un peu par besoin économique, raconte Agathe. On visait la période d'été. Quelques mois plus tard, nous avons été contactés par un couple de jeunes Milanais. Ils voulaient passer cinq jours à Bruxelles. On a dit oui. Leur appart était bien situé mais vraiment petit - nous sommes quatre - et on ne partageait clairement pas les mêmes critères de propreté! On a toutefois passé un super séjour dans un Milan sous la neige, une expérience qui ne nous serait jamais venue à l'idée de tenter. Le refaire? Oui, avec moins de naïveté!"

La version institutionnalisée et payante de l'offre canapé, c'est Airbnb, abréviation de Air Bed & Breakfast en référence au matelas pneumatique gonflé par les trois fondateurs de cette plateforme de location quand ils ont accueilli leur premier voyageur. Un journaliste du Condé Nast Traveler, William Sertl, l'a surnommée le couchsurfing des introvertis. Lui qui a pourtant vécu ses plus belles découvertes parisiennes grâce à cette communauté, mais qui se rongeait les sangs à l'idée de ne pas se sentir à l'aise avec ses hôtes. Avec Airbnb, envolé le stress: l'occupation tarifée "libère" d'éventuelles obligations sociales. Le site répond au besoin de logement bon marché et rassure par son système de paiement intégré. La somme n'est versée à l'hébergeur que 24 heures après le début de la location. Par ailleurs, il existe une garantie "hôte" pour couvrir les frais d'éventuelles dégradations.

Cette combinaison de rencontre et de sécurité financière a séduit des millions de personnes, arrondissant leurs fins de mois. Même certains propriétaires d'immeubles uniques en leur genre - maisons d’architectes célèbres comme celle de Frank Lloyd Wright aux États-Unis, conteneur aux Baléares… - n'hésitent pas aujourd'hui à les proposer à la location pour des prix de moins en moins modiques. Les responsables d'Airbnb ne communiquent plus de chiffres depuis 2012, mais les derniers comptabilisaient 10 millions de nuitées réservées et 6 millions de membres. Parallèlement à cette fulgurante réussite qui pose toutefois toujours des questions de fiscalité (taxes de séjour, déclaration des revenus…), d’autres sites comme Homelidays ou Housetrip attirent également les voyageurs.

Néo-hostelling et glamping

Suite à cette explosion d'un tourisme qui zappe les voyagistes, réduit les coûts en passant outre les hôtels, ceux-ci sont poussés à se réinventer. Et ce sont les auberges de jeunesse qui ont subi les transformations les plus spectaculaires. Comprenant qu'une nuitée à petit prix ne suffirait plus à attirer un voyageur avide de rencontres, frugal dans ses dépenses mais totalement exigeant sur l'envie d'expériences inédites, les AJ se sont transformées en temples design, arty ou archi pour le décor.

Elles ont investi d'anciennes ambassades, des sites industriels ou des demeures historiques et organisent happenings, projections, expos, cocktails… qui ravissent les itinérants comme la faune branchée des quartiers dans lesquels elles s'installent. Un public disposant d'un peu plus de moyens et/ou familial mais rêvant de convivialité à tous les étages s'aventure dans ces lieux dynamiques qui disposent souvent de suites toutes petites, un rien plus onéreuses que le lit dans un dortoir à 8.Le néo-hostelling est né, ou l’auberge de jeunesse version luxe avec terrasses panoramiques, salons lounge, décors raffinés et chambres privatives (voir encadré).

Du côté du camping aussi, ça évolue! En témoigne le gamping, l’équivalent d'Airbnb pour les campeurs: l'offre d'un bout de terrain de particulier à particulier. Et dans la foulée, le glamping: la version glamour du camping qui est au campingce que le néo-hostelling est à l'auberge de jeunesse, vous suivez? L’adresse hollandaise De Lievelinge concentre ce qui se fait de mieux dans le genre: yourtes aménagées, tentes confort, roulottes, cabanes, caravanes rétro… À Bruxelles, le Vintage Hotel propose une nuit en pleine ville dans une Airstream.

Vraiment des vacances?

Plus loin dans le collaboratif et l'écologique, le wwoofing, issu de l'acronyme WWOOF (World Wide Opportunities on Organic Farms) et dernier avatar de l'agritourisme, présente un tourisme d'immersion. Le voyageur partage le mode de vie d'exploitants de l'agriculture bio en échange du gîte et du couvert. Il n'y a aucune promesse de contrepartie à l'accueil des agriculteurs, mais on demande au wwoofer une sincère envie de découvrir le mode de vie de son hôte.

Très proche du wwoofing qui se limite aux seules fermes biologiques, le Help X n'a quant à lui pas d'exigences particulières sur le lieu d'accueil. C'est ce type de "vacances" qui intéresse le backpacker, qui comme son nom l'indique porte son sac sur le dos, appartient à la génération Y des 16-25 ans et prend le contrepied des vacances avec doigts de pied en éventail. On est loin de la quête hédoniste du vacancier classique, ou de la croisière sur le Nil en all in…

 

Envie de partir?

www.couchsurfing.org,www.greeters.be, www.homeexchange.com, https://fr.airbnb.be, www.homelidays.com, www.housetrip.fr,http://fr.hostelbookers.com, www.gamping.com, http://lievelinge.nl, www.vintagehotel.be, www.wwoof.net, www.helpx.net.

6 réseaux sociaux pour cybervoyageurs

1. Trav Buddy , web social, met en contact les gens qui vont au même endroit au même moment.

> www.travbuddy.com

2. Voulez-vous dîner est une plateforme de repas chez l'habitant. À Paris, dans le quartier Bastille, ça commence à 10 €.

> www.voulezvousdiner.com

3. Be Welcome, réseau multiculturel, facilite le partage de connaissances, d'expériences et, pourquoi pas, d'hospitalité.

> www.bewelcome.org

4. Gap Year, une communauté pour l'étudiant en année sabbatique voyageant autour du monde.

> www.gapyear.com

5. Travellerspoint: échanges d'informations, géolocalisation, mobilité, hébergement pas cher.

> www.travellerspoint.com

6. WAYN (pour Where Are You Now?) permet de rester en contact avec ses amis, d'en rencontrer de nouveaux, de poster des photos, de tenir un journal…

> www.wayn.com

La seconde jeunesse des auberges

Tattva Design Hostel - Porto

Derrière la façade typique recouverte d'azulejos, déco pop design, dortoirs ou suites, terrasse sur le toit.

> À partir de 10 € par lit par nuit et de 60 € pour une chambre familiale. www.tattvadesignhostel.com

U Hostels - Madrid

On y trouve des suites, des chambres-dortoir mais aussi des familiales spacieuses, une terrasse sur le toit, une salle de ciné.

> À partir de 19 € par lit par nuit. http://en.uhostels.com

 

Casa Gracia Hostel - Barcelone

Plutôt de luxe, l'hostel reprend, au point de vue des chambres, à peu près toutes les configurations. Terrasse et bibliothèque en bonus.

> À partir de 20 € par lit par nuit. www.casagraciabcn.com

 

Tasso - Florence

Dans une ancienne école communale, à deux pas du Palazzo Pitti, l'auberge joue sur le vintage, grandeur déchue pour le lobby et le bar, version dortoir sage aux étages.

> À partir de 20 € par lit par nuit. www.tassohostelflorence.com

 

The Bowery House - New York

Idéalement situé dans NoLita (North of Little Italy),les chambres sont petites, simples, décorées dans un style néo-industriel qui s'adapte bien au lieu. Le seul "inconvénient"? Les salles de bains: jolies, mais partagées, quel que soit le choix de la chambre.

> À partir de 27 € par lit par nuit. www.theboweryhouse.com

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