
En tapant "LoneLady" sur Youtube, l'internaute tombera sur un trailer d'un feuilleton d'un autre âge montrant une cow-girl masquée surgissant de la nuit et qui galope. Mais d'ici quelques semaines, c'est vers une autre créature que les moteurs de recherche vous dirigeront.
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En tapant "LoneLady" sur Youtube, l'internaute tombera sur un trailer d'un feuilleton d'un autre âge montrant une cow-girl masquée surgissant de la nuit et qui galope. Mais d'ici quelques semaines, c'est vers une autre créature que les moteurs de recherche vous dirigeront.
A son vrai nom, "qui aurait sonné comme une songwriter désespérée de plus",Jane Campbell a préféré ce pseudo sombre et mystérieux. Sorti sur le label Warp, surtout connu pour ses productions électro (Aphex Twin, Autechre), le premier album de LoneLady est à la fois une bonne surprise et une confirmation. Une bonne surprise, car la hype dont bénéficie cette jeune vengeuse solitaire de Manchester est pour une fois parfaitement justifiée. Et la confirmation que, trente ans après leur mariage par consentement mutuel, le funk blanc et le post-punk constituent toujours des sources d'influence majeures auprès de la nouvelle génération, comme le rappellent les récentes productions de The Drums ou de Delphic.
A en juger par les guitares délicieusement sautillantes de If Not Wave, les boîtes à rythme d'Immaterial et la beauté froide de Marble, Jane doit posséder pas mal de disques enregistrés durant la période cold-wave 1978-1982. "Mes albums favoris sont tous des premiers albums: "Entertainment" de Gang Of Four, "Unknown Pleasure" de Joy Division, "Pink Flag" de Wire (avec qui elle a tourné l'année dernière - NDLR) ou encore "The Scream" de Siouxsie And The Banshees. Il y a un côté sombre dans la musique de ces groupes mais aussi une réelle volonté pop dans la construction des chansons. La plupart des morceaux qui se retrouvent sur "Nerve Up" ont été conçus sur un petit enregistreur quatre pistes dans mon home studio." Une démarche guidée par des impératifs économiques, mais aussi née de la volonté de garder la spontanéité et la fraîcheur. "Même si nous avons rajouté des cordes ou des guitares par la suite, j'apprécie cette approche minimaliste de la musique."
Profondément attachée à sa ville de Manchester, Jane perpétue, dans le son et l'esthétique, l'esprit de Factory, le label mancunien de Joy Division, New Order, A Certain Ratio ou encore Happy Mondays. "Durant mon enfance et mon adolescence, je trouvais que ma ville était moche et j'ignorais tout de son passé musical. J'ai commencé à m'intéresser à l'architecture industrielle de Manchester en même temps que j'ai découvert les disques du label Factory. La Factory a laissé une empreinte indélébile. Son esprit est toujours très présent dans les esprits. Beaucoup de jeunes sont allés voir le film Control d'Anton Corbijn sur Joy Division ou 24 Hour Party People qui retraçait la vie de Tony Wilson, fondateur de Factory. On vient même d'ouvrir un nouveau club baptisé FAC251 (l'ex-bassiste de New Order Peter Hook y a joué lors de la soirée d'inauguration - NDLR)."
Luc Lorfèvre
Le 30/3 au Botanique.
Lonelady - "Nerve Up"
Warp/V2
Notre avis: 3 étoiles
Tags: The Drums, Aphex Twin, amour, relation , peur, quitter, Delphic, Lonelady, Autechre
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