
Album après album (il en est au quatrième), Jamie Lidell met un point
d'honneur à brouiller les innombrables pistes qu'il emprunte. Issu de
l'électro à la fin des années 90 (deux albums en compagnie du projet
Super Collider avec Cristian Vogel), cet Anglais émigré à Berlin à
l'éternel look de nerd a trouvé un label à sa mesure avec Warp.
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Album après album (il en est au quatrième), Jamie Lidell met un point d’honneur à brouiller les innombrables pistes qu’il emprunte. Issu de l’électro à la fin des années 90 (deux albums en compagnie du projet Super Collider avec Cristian Vogel), cet Anglais émigré à Berlin à l’éternel look de nerd a trouvé un label à sa mesure avec Warp.
Il y sort des disques de funk déconstruit, d’électro virtuose et de rock d’avant-garde. Le tout servi par une voix soul exceptionnelle dont il use avec une aisance confondante sur disque comme sur scène. Dans le sillage de la bande de Gonzales, Feist, Mocky et Renaud Letang, le musicien a bâti des albums tous très originaux et exigeants. "J’ai à nouveau travaillé avec Gonzales, parce qu’il me connaît bien et sait comment gérer mes compositions. Pour Feist, c’est un coup de chance. Elle était à Los Angeles pendant les sessions de studio. Et puis nous avons fait ensemble le Record Club de Beck."
Le Record Club, projet informel lancé par Beck Hanson, a pour ambition d’enregistrer un album en un jour. Il a notamment accueilli Jamie Lidell au milieu du Who’s Who de l’underground. "Beck m’a appelé en février de l’année dernière. Il m’a proposé de m’aider à faire un nouvel album. J’étais très flatté. Et la première collaboration était cette expérience pour le Record Club. J’ai été fasciné par l’idée d’enregistrer un album en une journée et surtout de travailler dans un grand studio de L.A. avec des musiciens aguerris comme James Gadson qui a joué avec Bill Withers ou Quincy Jones. Cet homme est fascinant. A 70 ans, il reste curieux, humble et passionné. Il a impressionné tous les jeunes musiciens de la session."
En bête de scène, Jamie Lidell poursuit une carrière dont on espère toujours qu’elle touche enfin un vaste public. "Jim", un troisième album plus accessible paru il y a deux ans, aurait pu légitimement en faire une star de la soul et l’imparable single Another Day avait tout pour devenir un gros tube. Déçu? "Un peu, mais honnêtement, je ne pense pas qu’un gros succès aurait été un plus. Je suis très heureux de ce que je suis aujourd’hui, de ma vie de musicien. Qu’est-ce que ça aurait changé? J’aurais plus d’argent, je serais plus célèbre… Deux choses que je ne désire pas réellement. Aujourd’hui, je me contente de faire ma musique. L’art est meilleur quand on ne se soucie pas de ce que vont penser ceux qui le reçoivent."
Bernard Dobbeleer
8/7, Les Ardentes.
10/7, Werchter Boutique.
Jamie Lidell
"Compass"
Rough Trade
Notre avis: 3 étoiles
Tags: Musique, Feist, Quincy Jones, quiz, Jamie Lidell, Gonzales, NRJ Music Awards, Cristian Vogel, Mocky, Renaud Letang
Sélection moustique
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