
Le péché est tout anglo-saxon: à chaque jour son messie musical. A
grands coups de "groupe qu'il faut adorer" ou de "musique divine", The
Drums devenait la formation qu'il fallait de se fourrer dans l'oreille
sous peine d'excommunication.
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Le péché est tout anglo-saxon: à chaque jour son messie musical. A grands coups de "groupe qu’il faut adorer" ou de "musique divine", The Drums devenait la formation qu’il fallait de se fourrer dans l’oreille sous peine d’excommunication.
"Cette attention nous a d’autant plus surpris que rien n’était calculé. Nous étions juste des mecs qui griffonnaient des chansons dans leur chambre. En montant un groupe, le but premier était de se faire quelques amis." Aussi désarmante qu’elle puisse paraître, la sortie relève davantage de la contrition que de la posture.
A des miles de distance, les jeunes Jonathan et Jacob ont grandi dans des univers reclus fort semblables. Ligotés par une éducation rigoriste à l’ombre du crucifix, ils rêvent secrètement des Smiths et survivent sur leurs îlots discographiques respectifs. La rencontre se produit à New York. Malgré le rayonnement de la salvatrice cité, l’isolement adolescent a laissé quelques traces. "Nous considérons beaucoup d’innovations technologiques comme inutiles. En musique, c’est pareil. Aujourd’hui, il y a de la musique partout mais, en définitive, très peu de chansons. Dans les années 50, 60, les artistes suivaient des règles d’écriture précises, presque rigides. Au moment de réaliser notre album, nous avions le sentiment que cette pop véritable avait complètement disparu. Nous avons voulu revenir à cette idée de chansons courtes avec une mélodie et des paroles simples. Nous croyons que simplicité peut être un synonyme de puissance."
Et précision de rimer avec contrôle. Production, gestion des visuels, réalisation de clips, l’obsession se loge dans chaque recoin du processus créatif. "Un groupe est une entité globale, la moindre intervention extérieure peut tout altérer. Notre but est d’atteindre un esprit The Drums." Hâtivement, certains ont réduit cet esprit au seul Let’s Go Surfing. Avec ses sifflements et claquements, la surf culture irrigue indéniablement quelques chansons des Drums. Mais ils vont beaucoup plus loin. Poussant Morrissey, Kraftwerk ou Joy Division à la copulation, les Américains parviennent à générer un son unique et, à la hauteur du plébiscite, signent un des disques les plus excitants de l’année. - S.D.
Le 21/8 au Pukkelpop.
The Drums - "The Drums"
V2
Notre avis: 3 étoiles
Tags: The Drums, Morrissey, Kraftwerk, Joy Division, New York
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