
Prenez deux sœurs jumelles, Alejandra et Claudia Dehaza, ex-membres
d'un groupe resté inconnu (On!Air!Library!), et un mec, Benjamin
Curtis, ex-membre d'un secret bien gardé du rock psyché (The Secret
Machines). Mettez-les ensemble. Qu'obtenez-vous? Un groupe, School of
Seven Bells, qui joue à 13 heures en festival, les Ardentes en
l'occurrence.
Prenez deux sœurs jumelles, Alejandra et Claudia Dehaza, ex-membres d'un groupe resté inconnu (On!Air!Library!), et un mec, Benjamin Curtis, ex-membre d'un secret bien gardé du rock psyché (The Secret Machines). Mettez-les ensemble. Qu'obtenez-vous? Un groupe, School of Seven Bells, qui joue à 13 heures en festival, les Ardentes en l'occurrence. Condamnés à l'anonymat? Pas certain. Fin 2008, leur premier album, "Alpinisms", avait fait belle impression auprès des fans de "dreamy pop", ce genre particulier qui a enchanté la fin des années 80 et le début des années 90.
Représentés alors par le label 4AD, et avec comme chef de rang les Cocteau Twins, une série de groupes s'ingéniaient à croiser guitares cristallines, voix célestes, synthés éthérés et couches bruitistes. A cheval entre la cold wave et le rock indé, voire parfois l'électro, le genre n'a pas survécu à ce qui fut son sommet indépassable, le "Loveless" de My Bloody Valentine.
Depuis quelques années pourtant, de jeunes groupes capturent l'écho de cette époque et tentent de s'en inspirer. Voilà où se situent les School of Seven Bells. Les harmonies vocales de deux sœurs font inévitablement penser à Liz Frazer et, sur le premier album, le travail sonore rameutait le souvenir de groupes comme Lush et Slowdive. Un exercice de répétition fort bien réussi.
Pour ce "Disconnect from Desire", les bases restent les mêmes, mais le flou artistique, un peu teinté de mysticisme, disparaît pour laisser place à une image plus nette. Une évolution que l'on doit, notamment, à Benjamin Curtis dont la contribution à "Alpinisms" n'était pas claire. De format pop, de tonalité parfois électro, les morceaux gagnent en efficacité ce qu'ils perdent en charge onirique. Il fallait sans doute en passer par là pour tenter de construire un avenir au groupe. Si les fans de la première heure regretteront donc ce lissage, le charme de morceaux comme Dust Devil, ILU ou Bye Bye Bye (avec une ligne de synthé qui rend directement hommage à My Bloody Valentine) devrait attirer de nouvelles oreilles.
Pascal De Gendt
School of Seven Bells
"Disconnect from Desire"
3 Etoiles
PiaS
Tags: Album, School of seven bell
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