Interpol: Face A/Face B

Interpol: Face A/Face B
musique01/09/2010 10h00

Cheveux impeccablement taillés à la serpe, costume, cravate et chaussures noires parfaitement cirées. On pourrait presque confondre Daniel Kessler avec l'un des participants au séminaire commercial de haut vol qui se tient dans l'hôtel où nous rencontrons le guitariste d'Interpol.

Cheveux impeccablement taillés à la serpe, costume, cravate et chaussures noires parfaitement cirées. On pourrait presque confondre Daniel Kessler avec l’un des participants au séminaire commercial de haut vol qui se tient dans l’hôtel où nous rencontrons le guitariste d’Interpol.

Sauf qu’il ne parle pas de courbes de ventes, mais plutôt de virage musical en douceur et de bonnes manières. "Je n’ai jamais vraiment compris pourquoi le rock devait absolument être associé à une certaine négligence vestimentaire. J’adore les groupes qui, comme Kraftwerk, soignent leur apparence sur scène, ça fait entièrement partie du show. Quand je vois les Pixies et plein d’autres se présenter face au public en portant leurs vêtements de tous les jours, ça me gâche le plaisir."

Et si la formation new-yorkaise soigne son look, elle assure aussi côté habillage de ses nouvelles chansons. Notamment grâce à une production pas chiche en reverbs et en basses bien lourdes qui fournissent à une bonne moitié des titres de leur nouvel album un billet de retour aux sources vers "Turn On The Bright Lights" qui l'a lancée en 2002. La seconde moitié ouvrant, pour sa part, une nouvelle ère pop, notamment avec le sautillant Barricade, comme si le groupe avait élaboré un vinyle avec une face A pour ses fans conservateurs et une face B pour les adeptes de la fuite en avant.

Souvent comparé à Joy Division à ses débuts ou à Gun Club pour la noirceur de ses textes, Interpol a très vite hissé son public vers d’autres sphères plutôt que de ramper vers lui. Avec un sens du compromis aboutissant à un résultat pas hybride du tout, du genre à faire pâlir de jalousie n’importe quel négociateur gouvernemental autour de BHV.

"Il aurait fallu se décider entre deux options: conserver notre image au risque de nous répéter, ou élargir nos horizons quitte à décevoir certains fans qui se complaisent dans la redite, expliqueKessler. Nous avons choisi de ne pas choisir, en essayant finalement de contenter tout le monde. Je pense que cet album nous fait passer de la catégorie des bons groupes indés aux formations plus mainstream, sans que ce soit péjoratif pour autant. Nous sommes prêts à affronter des audiences plus larges et plus mélangées, toutes générations confondues."

La preuve: le gang new-yorkais ouvrira les hostilités lors des deux concerts bruxellois de U2. "Une expérience particulièrement excitante. Car il s’agira de jouer devant des gens qui, en majorité, ne nous connaissent pas et, en totalité, ne sont de toute façon pas venus pour nous voir. Ce sera un test grandeur nature. On saura tout de suite si c’était une bonne idée de changer de registre ou pas. Car les Belges sont réputés très critiques et directs." - F.V.

Les 22 et 23/9 au Stade Roi Baudouin (première partie de U2).

Interpol - "Interpol"
V2
Notre avis: 2 étoiles

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