
Dans un univers électro défini par la vitesse d'évolution, les sorties
de groupes trentenaires ne constituent plus vraiment un événement.
Pourtant, avec un huitième album à l'approche renouvelée, Underworld
parvient à ressusciter l'intérêt.
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Dans un univers électro défini par la vitesse d’évolution, les sorties de groupes trentenaires ne constituent plus vraiment un événement. Pourtant, avec un huitième album à l’approche renouvelée, Underworld parvient à ressusciter l’intérêt.
Coutumier des remixes en aval, le duo a, pour la première fois, embarqué quelques invités dès la phase d’écriture. "On entend souvent dire que la jeunesse doit apprendre un maximum de choses, constatent-ils. Mais pourquoi les vieux ne pourraient-ils pas en faire autant? En se mêlant au sang neuf, mêmes des artistes installés peuvent continuer à progresser. En vue de réaliser "Barking", nous avons donc ouvert la porte à des jeunes tels que Paul van Dyk ou le prodige High Contrast. Le but était d’entamer un véritable dialogue musical. De manière directe, dans notre studio, ou par le biais d’Internet. Qu’ils soient producteurs, auteurs ou compositeurs, nous leur avons laissé totale liberté. L’issue était par essence imprévisible."
Et le résultat jouissif. En neuf plages, les Anglais déroulent une bonne partie de l’histoire des musiques électroniques. Si la dance y occupe logiquement une place de choix, "Barking" tutoie aussi ambient (Hamburg Hotel), drum & bass (Scribble) et atmosphères krautrock quasi kraftwerkiennes (Grace). De passages chantés en pièces purement instrumentales, Underworld baguenaude et se permet une longue conclusion piano-voix (Louisiana). "A chaque album, nous avons l’impression d’appartenir à un nouveau groupe. Depuis le début, notre association repose sur un pacte: quoi qu’il arrive, Underworld ne devra jamais se séparer. Comme des époux qui décident que le divorce n’est pas une alternative possible. Le temps peut cependant user un couple et éroder la passion. Pour durer de manière épanouissante, il faut donc perpétuellement se réinventer. Nos héros ne sont-ils pas Picasso, Miles Davis et David Bowie? Des artistes en perpétuelle mutation. Dans cet ordre d’idée, la perspective des concerts et des déclinaisons éventuelles de cet album nous place déjà dans un état d’excitation extrême."
Encore un mot: le titre "Barking" fait référence à une bourgade chère au duo. Mais, en anglais, le mot renvoie également à la folie. Une polysémie qui sied parfaitement à un groupe aussi lunaire que réfléchi. - S.D.
Le 13/11 à I Love Techno
Underworld - "Barking"
V2
Notre avis: 2 étoiles
Tags: Underworld, Paul Van Dyk, High Contrast
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