Eliza Doolittle: Melting Pop (écoute intégrale)

Eliza Doolittle: Melting Pop (écoute intégrale)
musique30/09/2010 10h00

"J'ai écrit ma première chanson à l'âge de 12 ans, explique Eliza Doolittle. Ça s'appelait Mr Mysterious, une histoire de flirt, car je voulais faire comme les Destiny's Child que j'écoutais alors en boucle. Quand je l'ai interprétée devant mes parents, ils m'ont dit: "C'est pas mal, mais à quoi bon imiter Beyoncé? Essaye plutôt d'être toi-même"."

"J'ai écrit ma première chanson à l'âge de 12 ans, explique Eliza Doolittle. Ça s'appelait Mr Mysterious, une histoire de flirt, car je voulais faire comme les Destiny's Child que j'écoutais alors en boucle. Quand je l'ai interprétée devant mes parents, ils m'ont dit: "C'est pas mal, mais à quoi bon imiter Beyoncé? Essaye plutôt d'être toi-même"."

Eliza Doolittle a retenu la leçon. Sur son premier album, il n'y a pas la moindre chanson d'amour et elle y impose déjà sa vision personnelle de la pop. Observatrice attentive de son époque, Eliza dit pourtant s'inspirer des standards de l'après-guerre, s'extasier devant les soundtracks de Quincy Jones et se reconnaître dans les harmonies vocales instantanées, façon Beach Boys. "J'écoute aussi plein de trucs d'aujourd'hui, je vous rassure. Je pense que si on fait l'effort de s'écarter de la pop manufacturée et qu'on creuse un peu, il y a de magnifiques artistes à découvrir. Mais mes références musicales, c'est dans les années 50/60 que je les trouve."

Née d'une maman chanteuse et d'un papa régisseur de théâtre, Eliza a grandi dans le quartier londonien de Camden, "sans doute l'endroit le plus chaud de la planète pour la musique avec des salles de concert tous les vingt mètres". A 16 ans, elle signe un contrat d'édition et accumule les maquettes. Elle consacre deux années à enregistrer son disque et son abnégation paie. Poussé par un clip ensoleillé et des rythmes caribéens, Pack Up lui vaut un premier tube en Angleterre et un statut de "nouvelle Lily Allen"dont elle se passerait bien. Moneybox, Rollerblades, Skynny Genes et Missing sont les autres vignettes bubble-gum qui devraient nous coller très vite aux oreilles. Eliza signe tous les morceaux de ce disque d'été et a notamment reçu l'aide en studio de Jonny Dollar, musicien et producteur du cultissime "Blue Lines" de Massive Attack. "Jonny savait qu'il était atteint d'un cancer quand nous nous sommes rencontrés, mais il n'a jamais voulu évoquer ses souffrances. Chaque fois qu'il venait en studio, c'était pour distiller sa bonne humeur et ses conseils. S'il n'a collaboré qu'à quelques chansons avant sa mort (il est décédé le 29 mai 2009), je lui dois beaucoup."

Dans Missing, la belle Eliza susurre: "J'essaie de faire du mieux que je peux avec ce qu'on m'a donné". Et elle s'en sort plutôt bien. Son disque respire la bonne humeur et le positivisme, mais évite les clichés asseptisés. Témoin, Police Girl, une chanson qui indique qu'elle peut être aussi une bad girl.
Luc Lorfèvre

Eliza Doolittle - "Eliza Doolittle"
EMI
Notre avis: 3 étoiles

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