
Artiste multidisciplinaire australien, mieux connu pour ses albums vénéneux avec les Bad Seeds que pour ses productions littéraires ou cinématographiques, Nick Cave avait déjà publié un roman, Et l'âne vit l'ange, en 1989.
| Tweet |
Artiste multidisciplinaire australien, mieux connu pour ses albums vénéneux avec les Bad Seeds que pour ses productions littéraires ou cinématographiques, Nick Cave avait déjà publié un roman, Et l’âne vit l’ange, en 1989. Vingt ans plus tard, le rockeur-crooner moustachu revient, avec l’histoire proprement obscène d’un représentant de commerce libidineux. Et, comme souvent avec Nick Cave, ça finit plutôt mal.
Bunny Munro va mourir. Il ne sait pas exactement ni pourquoi, ni comment, mais il en est persuadé. Peu concerné par la vie de famille, Bunny compense sa singulière apathie par une obsession viscérale pour le sexe. Ça tombe bien, il est vendeur itinérant de produits de beauté, ce qui lui donne l’occasion de multiplier les galipettes. A peine détourné de sa concupiscence chronique par le suicide de sa femme, Bunny ne peut néanmoins échapper à la garde de son fils de 9 ans, judicieusement prénommé Bunny Junior. Plus porté sur la picole que sur la pédagogie, il embarque son gamin sur les routes d’Angleterre, prétendant lui enseigner les ficelles de son métier. Malheureusement, Bunny compte surtout satisfaire ses pulsions charnelles, et les choses vont rapidement déraper.
La mort de Bunny Munro conte le périple caustique, éthylique et forcément lubrique d’un érotomane pathétique, intimement persuadé d’accomplir sa destinée sur terre en obéissant à chaque soubresaut de sa braguette. Nick Cave s’essaie à la tragicomédie salace, suit les déboires et la chute inéluctable d’un authentique salaud, indéfendable malgré l’un ou l’autre sursaut d’humanité. D’une profondeur insoupçonnée, La mort de Bunny Munro est un roman absurde, parfois inquiétant, souvent hilarant, réjouissant de cynisme et de créativité morbide. Un road-trip qui en a dans le slip. - M.N.
La mort de Bunny Munro
Nick Cave
Flammarion, 333 p.
Parution le 5 janvier.
Notre avis: 3 étoiles
Tags: Les Ardentes, livre, Nick Cave, Festival, fun, tattoo, tatouages, La mort de Bunny Mun
Sélection moustique
Les plus lus
Articles récents
Se connecter pour ajouter un commentaire