
Nouveau cas de kidnapping littéraire sur la réalité. Dans Sévère, Régis
Jauffret relate la mort d'Edouard Stern, financier suisse assassiné en
2005 par sa maîtresse et retrouvé, une balle dans la tête, dans une
combinaison en latex de type fétichiste.
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Nouveau cas de kidnapping littéraire sur la réalité. Dans Sévère, Régis Jauffret relate la mort d'Edouard Stern, financier suisse assassiné en 2005 par sa maîtresse et retrouvé, une balle dans la tête, dans une combinaison en latex de type fétichiste.
Après avoir couvert le procès de Cécile Brossart pour Le Nouvel Observateur, Jauffret reprend les éléments les plus chauds du dossier et construit un roman qui n'en est pas un, puisque rien - à part sa langue - n'est inventé. Et c'est évidemment ce travail sur la langue qui crée l'effet élévateur précipitant l'histoire personnelle des protagonistes au milieu du champ de la littérature où, selon Jauffret, le romancier peut tout se permettre.
Le résultat est scotchant, le lecteur accompagnant la meurtrière durant ses trois jours de fuite. Trois jours durant lesquels on apprend l'essentiel de sa biographie et on découvre la panoplie des pratiques sexuelles qui plaisaient tant à son amant. Et, dans le genre salace, ça vole très haut. Seule sécurité enclenchée par l'auteur par rapport à la famille des héros de son livre: leur nom n'est jamais cité. Précaution qui ne suffira pas à Gallimard pour publier le livre défendu dans l'écurie du Seuil. Un romancier a-t-il le droit de copier la réalité? Faites-vous votre opinion, le livre est terrible. - S.M.
Régis Jauffret - Sévère
Seuil, 162 p.
Notre avis: 3 étoiles
Tags: Liège, Régis Jauffret, shopping, Flair Shopping Day, Belle-Ile, Cécike Brossart, Nouvel Observateur
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