
Sans être tout à fait abasourdissant dans la rupture (il n'est pas
encore l'heure pour Virginie Despentes d'écrire des romans bourgeois), Apocalypse
Bébé, c'est de la bonne came.
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Sans être tout à fait abasourdissant dans la rupture (il n'est pas encore l'heure pour Virginie Despentes d'écrire des romans bourgeois), Apocalypse Bébé, c'est de la bonne came.
La fille scandale des années 90, celle qui a donné des crampes d'estomac à la France avec Baise-moi (le livre) et foré sanglant dans la tête de son époque avec Baise-moi (le film), revient aux affaires avec un polar que l'on penserait traditionnel s'il n'était plongé dans ce qu'on appelle la "culture gouine". L'enquête menée par Lucie et La Hyène, détective privée particulièrement virile dans sa manière de présenter ses hormones au monde, sert à illustrer une politique du sexe que Despentes a personnellement expérimentée (façon de parler) entre Paris et Barcelone, les deux décors du roman. En recherchant la trace de Valentine, gamine de 15 ans qui s'est vautrée dans le n'importe quoi du cul à deux balles et s'est volatilisée, Lucie et La Hyène démontrent que les filles, aujourd'hui, quand elles s'y mettent, c'est... comment dire? Cinglant. Tendre. Et musclé. Dans Apocalypse Bébé, les personnages sont attachants, la réflexion est percutante et ça roule vite. Mais dans Apocalypse Bébé, on voit surtout que, culturellement, l'hétérosexualité est une norme de plus en plus transgressée et que le seul espace de liberté sur lequel l'Etat n'a pas mis sa patte, c'est notre corps. - S.M.
LIVRE
Apocalypse Bébé
Virginie Despentes
Grasset, 352 p.
Notre avis: 3 étoiles
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