Werchter: vendredi 3 juillet

Werchter: vendredi 3 juillet
festivals07/07/2009 00h00

A quelques minutes de l'entrée en scène d'Elbow, alors que tous les yeux sont rivés sur les écrans géants relayant des images de la foule, un jeune homme profite des caméras pour faire sa demande en mariage. Ambiance décontractée et bonne humeur sont au rendez-vous sur la plaine de Werchter.

A quelques minutes de l'entrée en scène d'Elbow, alors que tous les yeux sont rivés sur les écrans géants relayant des images de la foule, un jeune homme profite des caméras pour faire sa demande en mariage. Ambiance décontractée et bonne humeur sont au rendez-vous sur la plaine de Werchter.

Après cet instant de romantisme très à propos, la voix envoûtante de Guy Harvey fait vite oublier celle, irritante, d’Amy MacDonald. Si Elbow n’a rencontré qu’un succès d’estime avec ses quatre premiers albums, leur Seldom Seen Kid ,  récompensé du Mercury Prize en 2008, devrait réparer cette injustice. Premier moment de grâce, Mirrorball et son motif de piano répétitif, hypnotise la foule pour mieux la secouer avec l’enchaînement des deux plus grands succès du groupe, Leaders of the Free World et Grounds for Divorce.

Weather to Fly débute en acoustique sur des accords sensiblement modifiés pour l’occasion. Le groupe, rassemblé en cercle autour du batteur, parvient presque à nous donner l’impression d’assister à un concert intimiste, avant de clore le set par un One Day Like This, et son final à la Hey Jude, pensé spécialement pour les festivals.

Passons rapidement sur Bloc Party, dont les ridicules One More Chance et Mercury n’altèrent en rien l’efficacité des tubes ravageurs que sont Banquet et Hellicopter.  Au final, Kele et sa bande distillent suffisamment d’énergie avec leurs premiers succès pour faire oublier leurs récentes maladresses.

Les Killers visent quant à eux les sommets du kitch, ici atteints par Human dont le refrain semble tout droit sorti du Club Dorothée et Joy Ride accompagné d’un saxophone flirtant dangereusement avec les limites du bon goût. Si l’exercice est périlleux, il libère définitivement les Américains de l’étiquette « britpop » qui leur collait au dos depuis Hot Fuss. On aurait préféré Sam’s Town ou Bones aux dispensables Shadowplay et Jenny Was a Friend of mine. Mais le cahier des charges est rempli, les principaux singles étant bien présents, avec en point d’orgue le magnifique When You Were Young.

En ouvrant leur spectacle sur Le beau Danube bleu de Strauss, avec en toile de fond La liberté guidant le peuple de Delacroix, Coldplay souligne l’inspiration classique de son dernier album. Cette tendance se verra confirmée par quelques improvisations au piano, ainsi que la première Gnossienne de Satie, jouée par Chris Martin dans une version écourtée.

Coldplay, qu’on n’avait plus vu à Werchter depuis 2003, compense cette longue absence en enchaînant ses titres phares dès les premières minutes: Violet Hill, Clocks, In My Place et Yellow. Chris Martin, visiblement conscient que sa joie de vivre sera communicative, arbore un sourire béat et multiplie les pirouettes, quitte à pouffer de rire au milieu d’un morceau. Après un Talk version techno (rappelons que Talk est basé sur le riff de Computer love de Kraftwerk), et un Billie Jean en hommage à Michael Jackson, arrive enfin Viva la Vida, entonné en chœur par le public dès qu’un silence s’immisce entre deux chansons. Si Lovers in Japan, avec ses papillons de papier virevoltant autour des spectateurs dans un nuage de couleurs, constitue le clou de la soirée, c’est The Scientist, en rappel, qui sonne la fin d’un voyage qu’on n’oubliera pas de si tôt.

Remi Margraff

Cet article est écrit dans le cadre de la Webjournaliste Academy. Cliquez ici pour voir les autres articles.

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