Le carnaval de Dour

Le carnaval de Dour
festivals23/07/2009 00h00

La météo, à Dour, tout le monde s'en fout. En ce dernier jour de festival, les impératifs ont tendance à se décliner de la manière suivante: récupérer les potes qui cavalent (ou somnolent) sur les graviers, convertir ses tickets en bière fraîche et rejoindre la scène où le concert a sans doute déjà commencé. La plus grande angoisse du festivalier réside sans doute dans le choix musical cornélien qui lui est offert. Extraits.

Compte-rendu du dimanche 19/07

La météo, à Dour, tout le monde s’en fout. En ce dernier jour de festival, les impératifs ont tendance à se décliner de la manière suivante: récupérer les potes qui cavalent (ou somnolent) sur les graviers, convertir ses tickets en bière fraîche et rejoindre la scène où le concert a sans doute déjà commencé. La plus grande angoisse du festivalier réside sans doute dans le choix musical cornélien qui lui est offert. Extraits.

“The Fight for Your Right to Party”
La Magic Tent porte bien son nom. Elle accueille en ce début de soirée les sales gamins The Naïve New Beaters. Adepte du Do It Yourself, depuis les effets visuels artisanaux jusqu’aux chorégraphies d’une infantilité jubilatoire, le trio parisien se moque des genres et fusionne phrasé hip-hop, beats électroniques et guitare grassement rock’n’roll. Opération séduction pour un public qui ne demande qu’à se marrer et à danser sur le même tempo. Plus tard, le hasard me conduira à croiser le chanteur David Boring, en train d’interpeller les badauds depuis la boutique dans l’espoir d’écouler ses forts jolis t-shirts.

“Cyber Redneck”
Détour par La Petite Maison dans la Prairie. Officiellement natif de Chicago, Bob Log III conserve encore quelques séquelles relatives à la chute de sa météorite. Casque de pilote de chasse et coulé dans une combinaison dorée,  le cowboy de l’espace laboure sa slide guitar,  lamine sa grosse caisse et enlève les jeunes filles pour une chevauchée fantastique. Excellente découverte que ce troubadour country/punk sacrément azimuté.

“Mister Feelgood”
A l’évocation de Jamie Lidell, la midinette en moi s’éveille. Même pas gênée de l’admettre. Le britannique louvoie avec élégance de la soul la plus old school à ses improvisations sonores réjouissantes, réminiscences de sa collaboration avec le sorcier Matthew Herbert ou plus lointain, de son travail au sein du duo Supercollider. Certains morceaux, tel “Little Bit More”, auraient mérité un rythme un peu plus soutenu mais son aisance scénique et sa voix saisissante ont l’art de garantir le sourire au spectateur jusqu’à la dernière note.

“Come to Daddy”
Tête d’affiche hénaurme, la plaine de la Last Arena se fait rapidement submerger à l’appel d’Aphex Twin, épaulé pour la soirée par Florian Hecker. Les 20 premières minutes du set se révèlent un peu chaotiques. La fourmilière trépigne et les sons jouent à cache-cache dans les enceintes. Peu à peu, la mixture twinesque s’épaissit, propageant éclats jungle, curiosités minimales et digestions métalliques. Difficile de résister à l’attraction de ses filets. Une heure et demi plus tard, une armée de zombies béats ira s’éparpiller sur les sentiers.

Il y eut encore le reggae chaloupé d’Antony B, l’électro efficace et glacée des Crystal Castles, la virtuosité buccale de Rahzel et tant d’autres qui ont achevé de me déjointer les rotules. Le lendemain, au réveil, j’aperçois une vieille frite engluée sur ma semelle et qui est parvenue à me suivre jusqu’à Bruxelles. On en devient presque nostalgique…

 

Gwen Pitseys


Cet article est écrit dans le cadre de la Webjournaliste Academy.

 

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