This is it: notre critique

This is it: notre critique
cinema28/10/2009 15h59

C'est un peu cynique, mais c'est comme ça: la mort de Michael Jackson aura donné un fameux coup de boost à sa carrière. Depuis juin dernier, on ne compte plus les hommages pontifiants (venant parfois de ceux-là même qui lui crachaient dessus quelques jours avant encore), tandis que la catalogue du King of Pop s'est écoulé de façon royale, trustant les meilleures ventes sur amazon.com durant plusieurs semaines.

C’est un peu cynique, mais c’est comme ça: la mort de Michael Jackson aura donné un fameux coup de boost à sa carrière. Depuis juin dernier, on ne compte plus les hommages pontifiants (venant parfois de ceux-là même qui lui crachaient dessus quelques jours avant encore), tandis que la catalogue du King of Pop s’est écoulé de façon royale, trustant les meilleures ventes sur amazon.com durant plusieurs semaines.

Points d’orgue de cette déferlante: la sortie d’une nouvelle compilation (This is it), d’un inédit et d’un film répondant aux mêmes noms. Et la campagne de lancement de ce long-métrage est à l’image du reste: finement étudiée.

Titillés par des bandes-annonces lâchées avec parcimonie sur le web depuis un moment, les fans n’en peuvent donc plus de saliver, c’est toujours bon pour faire monter la pression et la curiosité. Et ils devront se dépêcher pour avoir l’honneur de voir le film sur grand écran, car la société qui distribue le film (Sony, la même que celle qui distribue les disques).

Car This is it, qui sort aujourd’hui, ne restera que deux semaines sur les écrans. Une façon comme une autre de pousser tout le monde à acheter ses places en prévente, de pouvoir annoncer des salles complètes à l’avance, de ne pas prendre le risque que le film s’essouffle sur la longueur, et de frustrer les amateurs qui n’auraient pas réussi à se procurer un sésame, afin qu’ils se rabattant sans sourciller sur le DVD, prévu à Noël.

De même, la presse a été rigoureusement tenue à l’écart: nous n’avons pu découvrir cet objet du culte que quelques heures avant sa sortie mondiale. Histoire qu’aucun plumitif ne dispose du temps matériel pour, éventuellement, poser une critique négative qui aie le temps d’arriver aux premiers spectateurs.

Et le film dans tout ça? Réalisées au moyen d’images captées lors des répétitions en vue de la série de concerts que Michael devait donner à Londres cet été, ces deux heures donnent donc l’impression d’un making-of soigné, sorte de super-bonus que l’on aurait inclus sur le dvd qui aurait proposé la captation du spectacle proprement dit. En un peu moins de deux heures, on suit la préparation de ce qui s’annonçait visiblement comme un spectacle bourré d’effets spéciaux, grâce à quelques images de coulisses et surtout aux interprétations des plus grands titres du maître.

Bref, c’est de la belle ouvrage. Car les images choisies illustrent évidemment toujours de bonnes versions des chansons et les échanges de louanges réciproques entre les musicos. Pas question d’illustrer les inévitables sautes d’humeur entre les membres de l’équipe. Nous ne sommes pas dans Spinal Tap. Ici, tout n’est que Niiiice et exciiiting! Mais il faut reconnaître que la totalité tient bien la route et que le fan en aura pour son argent. Ultime ironie du (mauvais) sort, donc, Michael Jackson aura dû attendre d’aller danser le moonwalk avec les anges (et ses mauvais démons) pour voir de là-haut le meilleur film musical sorti à sa gloire. – F.V.

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