Benoît Poelvoorde "Moi, franchement, je suis un baraki"

Benoit Poelvoorde
cinema08/11/2011 09h40Jérome Colin

À l'occasion de la sortie de Mon pire cauchemar, nous avons rencontré Benoît Poelvoorde dans un bar namurois. On a causé, causé, causé. Jusqu'à plus soif.

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Vous avez tourné avec Depardieu, Delon et aujourd'hui Isabelle Huppert. Ça fait quoi de côtoyer tous ces géants quand on est né dans la rue juste à côté d'ici?
Benoît Poelvoorde - Les premières fois, c'est étrange. Pour Huppert, c'est spécial car elle peut être agréable, mais quand elle veut, elle peut aussi être franchement désagréable. J'avais donc peur, mais ça s'est vite arrangé. Mais je ne suis pas à égal avec ces gens. Il ne faut pas comparer ce que je fais avec ce que fait Isabelle. On ne boxe pas dans la même catégorie. Elle est au rayon "monstres".

Justement, est-ce que vous travaillez pour devenir encore meilleur acteur ou vous vous laissez aller en roue libre?
Je me laisse aller mais, en même temps, il y a quelque chose de perfectionniste chez moi. Je peux être désinvolte, jamais désintéressé. Mais je dois bien avouer qu'en voyant le prémontage de Mon pire cauchemar, j'ai trouvé que je me reposais un peu trop sur mes acquis. Parfois, c'est vrai, je viens juste avec ma bite et mon couteau. Et encore, des fois, je n'ai même pas mon couteau. Je crois jouer juste dans le film, mais j'aurais pu faire mieux. C'est un peu comme le guitariste qui fait un super-solo, mais qui ne touche pas la magie. Il n'y a pas le moment où l'on se dit: "Il a pris un risque ou deux, il a fait une fausse note, mais putain, c'était bien."

Est-ce que vous croyez que jouer, c'est de l'ordre du don?
Oh oui. Totalement. C'est injuste mais c'est comme ça. Dans ma carrière, j'ai vu des gens travailler beaucoup pour arriver à pas grand-chose. Ils ont une technique, mais il y a un truc qui ne passe pas. Et puis, il y a ceux qui ne font rien et, y a rien à faire, la caméra les aime: ils ont ce truc sacré. C'est comme pour la musique. Y a des mecs qui peuvent travailler pendant quinze ans, ils n'auront pas le truc. Alors que d'autres ont la mélodie à l'intérieur.

En devenant acteur, pensez-vous avoir trouvé votre voie?
Je n'en sais rien. Je crois que j'aurais été plus heureux dans le dessin. Je ne suis pas malheureux, hein, mais je sais que le dessin me rendait particulièrement heureux. J'aimais le côté solitaire de la tâche. J'étais bien. Mais j'aurais pu dessiner vingt ans, je n'aurais jamais eu la grâce. C'est ce que je te disais à l'instant: j'étais laborieux; j'aurais aimé, mais je n'avais pas le talent.

Mais enfin, on peut faire des choses pour lesquelles on n'a pas de talent…
Oh, j'aime bien cette phrase. Mais là, je crois que c'est ma fierté: je fais partie des gens qui ne veulent faire que ce qu'ils savent bien faire. Ou croient bien faire…

Pensez-vous que vous aller crever acteur?
Non. J'en suis intimement convaincu. Alors qu'Isabelle Huppert, oui: elle crèvera en jouant. Elle le dit, d'ailleurs. Elle ne vit que pour ça. Pas moi. Pitié! Les acteurs qui sont sur le retour et qui terminent sur des plateaux pourris en sentant la pisse: non, non. J'espère bien trouver un nouveau truc qui me permettra de m'équilibrer. C'est étrange, je me suis récemment fait la remarque: dans quelques mois, cela fera vingt ans que je fais du cinéma. Je suis "né" en 1992 avec C'est arrivé près de chez vous. Je vais fêter ça parce que c'est là que j'ai rencontré ma femme et que je me suis glissé dans cette voie de l'acteur. Je vais fêter ça, mais je ne veux pas finir comme ça.

"Comme ça". Mais enfin, être acteur, ce n'est tout de même pas honteux…
Non, pas du tout, mais c'est difficile de sortir d'un système. C'est un peu comme si tu sortais de prison. Il faudra que je réapprenne à vivre sans ça. Et je ne parle pas de pognon, ça je pourrais me débrouiller. Il faudra apprendre à vivre d'autre chose. Mais je crois que je suis en train de le faire inconsciemment. Je suis tout doucement en train de me saborder, là…

Ah bon?
Ah ben oui. Je me saborde dans ce qu'ils appellent le cinéma populaire. Depuis Rien à déclarer, j'ai refusé quatre énormes comédies françaises. Ça ne se fait pas, normalement. Aujourd'hui, j'ai davantage envie de projets à l'arrachée. Je me dis que ça va être un peu plus difficile, mais ça va me ramener à quelque chose de plus jouissif.

En parlant de jouissif, dans Mon pire cauchemar, vous jouez un beauf. C'est amusant à interpréter?
Ce n'est pas un beauf, c'est un baraki: c'est différent. Mais moi, franchement, je suis un baraki. J'ai tout l'attirail. Regarde, j'ai une chaîne en or avec la Vierge et sainte Rita, c'est baraki. J'ouvre ma chemise, c'est baraki. C'est comme les bagnoles, j'ai une Porsche décapotable. C'est baraki. Et je la décapote en mettant la musique à fond. Je sais que c'est baraki, mais j'aime ça. Je suis comme ça. Je suis un pouilleux de la rue d'à côté et j'assume totalement.

La Vierge et sainte Rita, c'est pourquoi?
Ce sont des médaillons qui m'ont été offerts par ma mère et ma femme. D'un côté la patronne des causes désespérées, de l'autre la Vierge. J'ai besoin d'avoir une chaîne autour du cou parce que je dois me sentir protégé. Ça fait partie de moi. J'ai quarante-sept ans et je continue de porter une chaîne en or. Ben oui, le baraki, il veut que ce soit de l'or. J'ai été élevé dans l'exercice de la religion et je ne veux pas renier ça. Je crois moins aujourd'hui, mais je reste touché. La religion est quelque chose qui s'écrit dans la survie. Et ça, ça me touche.

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Pour rejoindre la critique : depuis des mois nous demandons de retrouver la liste étoilée de tous les films en salle. Encore un tric intéressant qui a disparu. On demande nos avis mais on ne tient pas compte de la plupart d'entre eux. Par contre on a changé la robe !!! Mais une nouvelle robe avec un contenu inférieur, ça ne le fait pas vraiment.

par Jean-Pierre à 13/11/2011 23:58

 

@pierre:Critiquer Moustique?Cela me semble une très bonne chose en fait, car c'est tellement moins bon qu'avant. Nous ne sommes pas dupes de cette revue à la solde des émissions médiocres qui nous pompent l'air. Quand une revue s'extasie face à certaines médiocrités televisuelles il y  a de quoi se poser des questions!!!

par Jean-Paul à 13/11/2011 18:42

 

L'orthographe barakî est tout à fait correcte. Zavez perdu l'occasion de vous taire.
http://www.genion.be/DICOBELGE.htm

par Baraki à 10/11/2011 14:35

 

Merci à Pilou de corriger, c'est agaçant ces fautes par manque de connaissance culturel de son propre pays.

En réponse à Komode : Crise des valeurs parce que nous sommes dans un état laïque ? Mais un laïque peut-être un croyant, être laïque c'est accepter que les différences philosophiques et religieuses puissent vivre ensemble, je suis athée et j'ai les mêmes valeurs que vous, et j'ai  rencontrés des croyants qui en n'ont moins que moi, être croyant n'est pas une garantie de qualité humaine, soyez vigilante et ... ouverte d'esprit avant de juger sur base de votre religion. Marre de cet ostracisme des croyants. Un peu d'ouverture d'esprit, bon sang !

par Sidonie à 10/11/2011 14:15

 

@Romain : je suis impressionné par votre mauvaise foi. A croire que vous n'avez qu'une passion dans la vie : critiquer Moustique. Ancien collaborateur viré et vexé? Ou simplement homme qui se fait chier? Je serais intéressé de connaître les raisons qui poussent une personne à se plaindre sans arrêt. Bien à vous, en espérant que vous retrouviez un semblant de vie sociale.

par Pierre à 10/11/2011 14:12

 

Deux pages dans le Moustique pour un film qui ne mérite pas le déplacement.

À l'image de Moustique.

Ah oui... un membre est de bonne humeur.... j'oubliais !!!

PS : Pourtant j'apprécie Poelvoorde et Fontaine.

par Romain à 10/11/2011 00:12

 

bonjour,il ne fait pas des scénarios,finalement??il avait déclaré qu'il ne ferait plus acteurs,parce que moi je dessinne des dessins animés ,et je lui avait mis un message sur ce qui semblait etre un de ses sites...

par GBailly à 09/11/2011 23:37

 

Merci au Moustique pour la séance d'hier soir (avant-première à l'UCG Toison d'OR) ! "Mon pire cauchemar" nous a mis d'excellente humeur.

par mtartine à 09/11/2011 10:40

 

Il faut cesser d'imaginer que le fait d'adhérer à une religion, quelle qu'elle soit fait de vous quelqu'un de bien, de meilleur. L'éthique n'est pas que religieuse. J'irais même plus loin : La religion rend celui qui la pratique particulièrement intolérant, lui qui détient la vérité ne peut que se défier de ceux qui ne partagent pas ses convictions.

par Gogs à 08/11/2011 22:55

 

@Pilou: c'est du bon wallon de chez nous ;o)

@komode: crise des valeurs, je confirme.

par Michel Michiels à 08/11/2011 22:38

 

le 21° siècle sera spirituel ou ne sera pas! ce n'est pas moi qui le dit c'était Malraux.Je suis contente que Mr Poelvoorde fasse allusion à la religion, et de façon très saine;  bien loin d'être une grenouille de bénitier, j'ai une éthique religieuse, j'ai une foi et mes idoles ne sont ni l'argent, ni le pouvoir, mais le respect de l'autre et la recherche d'un certain bonheur qui ne passe pas spécialement par le matériel. C'est facile pour l'état, de se désolidariser de toute forme de philosophie religieuse pour ne pas affronter l'islam et ses signes extérieurs d'appartenance, mais en faisant cela, l'état déplace les valeurs sur un terrain mouvant . C'est la crise oui mais quelle crise? une crise monétaire ou une crise des valeurs??

par komode à 08/11/2011 19:38

 

baraqui vient de baraque= qui habite une baraque, e ne sais où vous êtes allé chercher le mot baraki...

par pilou à 08/11/2011 16:48

 

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