Fatal Bazooka au cinéma: Le zoolander français

Fatal Bazooka au cinéma: Le zoolander français
cinema17/06/2010 08h57

Comme promis, nous sommes allés voir Fatal au cinéma, en spectateur. Séance de 16h, UGC Debrouckère à Bruxelles. Malgré un soleil de plomb, un match alléchant de coupe du monde (Espagne-Suisse), il y avait tout de même une bonne vingtaine de spectateurs dans la salle.

Comme promis, nous sommes allés voir Fatal au cinéma, en spectateur. Séance de 16h, UGC Debrouckère à Bruxelles. Malgré un soleil de plomb, un match alléchant de coupe du monde (Espagne-Suisse), il y avait tout de même une bonne vingtaine de spectateurs dans la salle.

Même Hughes Dayez (RTBF) était de la partie. Fatalement, en critiques cinéma qui se respectent, nous ne pouvions rater le premier film réalisé par Michael Youn. Rappelons au préalable que le distributeur belge n'a pas voulu le montrer à la presse avant sa sortie. En cause: cette dernière prendrait un malin plaisir à descendre ce genre de film. Car qui dit Michael Youn dit tout de suite polémique. Aimé, détesté ou celui qu'on aime détester, c'est selon, le gars ne laisse pas indifférent. Après plusieurs daubes et bides au box-office (Incontrôlable, Coursier, Iznogoud), l'humoriste se lance un défi avec Fatal. Il porte la double casquette acteur-réalisateur. 

Verdict? Et ben... ce n'est pas fatalement mauvais! A l'instar de Gad Elmaleh avec son décevant Coco, Michael Youn a décidé pour son premier film de transposer l'un de ses personnages, Fatal Bazooka.  Ce rappeur bling-bling hardcore, c'est 500 000 albums vendus, un tube qui sonne encore dans toutes les oreilles des djeuns «Fous ta cagoule», une marque et on en passe. On s'étonnerait presque de ne pas l'avoir vu débarquer plus tôt au cinéma.  

Fatal c'est donc un peu l'histoire de Michael Youn. Toute ressemblance avec la réalité -sa femme à l'écran est d'ailleurs celle à la ville- n'est d'ailleurs pas fortuite. On suit ainsi le parcours chaotique du rappeur, d'abord vedette, puis déchu, avant de s'en retourner à ses origines (la campagne savoyarde) et de tenter un ultime retour en force... Ca fait beaucoup pour un seul et même film mais Michael Youn étonne. Il livre une partition stupide -mais dans le bon sens- décalée, décomplexée et souvent jubilatoire! Un scénario rythmé, affuté et qui dégaine quinze vannes à la minute. Sans compter des références parodiques qui pullulent: Jean-Claude Van Damme, Paris Hilton, Prison Break, Borat, le chanteur Raphaël ou encore les Enfoirés, devenus les Enculés dont leur titre phare s'intitule... Pédofil! Le trublion accepte même de se faire voler la vedette par Stéphane Rousseau. Un rôle à la hauteur de la démesure de l'humoriste québecois. Il incarne Chris Prolls, véritable icône gay (et écolo!) issue de la musique électro-pop. Une caricature burlesque poussée à l'extrême mais jamais très loin de la vérité... Hilarant! 

Ok, ceux qui détestent l'humour lourd, gras et grossier de Michael Youn trouveront que ce film est une farce de mauvais goût. Youn fait du Youn et tape parfois sur les nerfs. De bonnes idées et du culot souvent gâchés par cette outrance, son côté « too much » et ce surjeu qui ne sont autres que la marque de fabrique de l'ancien animateur du Morning Live. Pour les autres, on délire beaucoup. Le néophyte n'a pas froid aux yeux. Il ose ce que certains n'osent plus aujourd'hui au cinéma. Et ce qui fait sa force, c'est qu'il assume complètement cette satire des médias, du star-system et de ses excès. Un peu à la manière de Ben Stiller à l'époque de son jouissif Zoolander. Coup d'essai, coup de maître? On ira pas jusque là mais voilà une agréable surprise. Une comédie complètement barrée qui porte la patte de son auteur. De quoi relancer une carrière?

 Pierre-Yves Paque

Fatal
Réalisé par Michaël Youn. Avec Michaël Youn, Stéphane Rousseau, Isabelle Funaro.
Notre avis: 2 étoiles

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