
Mauvaise surprise. Giuseppe Tornatore, véritable gloire du cinéma italien (Cinéma Paradiso, Malena), n'a pas su tenir son film en laisse.
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Mauvaise surprise. Giuseppe Tornatore, véritable gloire du cinéma italien (Cinéma Paradiso, Malena), n'a pas su tenir son film en laisse. Autre grande curiosité, c'est Silvio Berlusconi qui produit ce film parfois drôle et nostalgique mais aussi très artificiel. On croit rêver!
A quand Sarkozy aux manettes du nouveau Kassovitz sur la joie de vivre en banlieue? Pas embarrassé par ses multiples casquettes, Berlusconi a même demandé une carte blanche dans le quotidien La Repubblica, le lendemain de la projection du film à Venise. Son titre: "Baaria, un chef-d'œuvre". Gonflé!
Ceci dit, Baaria n'est en rien un film de propagande, même s'il s'inscrit dans la vague conservatrice du cinéma de Tornatore. L'action démarre en pleine période fasciste à Baaria, petite ville de Sicile, celle dont Tornatore est originaire. Le réalisateur conte une saga familiale étalée sur trois générations. Cicco, le simple berger, son fils Peppino, cadre du parti communiste et son petit-fils Pietro. A travers ce récit, Tornatore nous fait découvrir tout un pan de l'histoire italienne. Procédé ambitieux et alléchant sur papier - Bertolucci s'y était aventuré de façon magistrale avec son 1900 - mais beaucoup trop survolé et artificiel dans ce cas-ci.
La faute à une mise en scène poussiéreuse, pompeuse et sucrée, bourrée d'effets numériques et de mouvements de caméras injustifiés. Tout en flash-back et autres ellipses, le film de trois heures nous sème avant de s'enliser dans une succession de tableaux dénués d'intérêt. Cette imposante superproduction (25 millions d'euros de budget, colossal pour un pays européen) pousse même un peu plus loin la tromperie: la promotion du film se base honteusement sur sa sculpturale tête d'affiche, Monica Bellucci, alors qu'elle n'y apparaît que deux minutes. Le comble: même la musique du légendaire Ennio Morricone (Il était une fois dans l'Ouest) paraît envahissante. Bref, pas de message, pas de morale ni d'émotion, juste une sorte d'épopée autobiographique qui en met plein la vue pour mieux masquer la vacuité de son scénario. - P.-Y.P et J.Co.
Sortie le 30/6 - 150’.
Baaria
Réalisé par Giuseppe Tornatore (2009). Avec Francesco Scianna, Margareth Madé, Nicole Grimaudo.
Notre avis: 1 étoile
Tags: Silvio Berlusconi, Monica Bellucci, témoignages, psycho, couple, enfant , Giuseppe Tornatore, Francesco Scianna, Margareth Madé, Nicole Grimaudo
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