
Malgré son titre, A l'ouest de Pluton n'a rien d'un film de
science-fiction. Au contraire, il évoque une race qui a inspiré deux
des meilleures comédies des dix-huit derniers mois: les ados.
Malgré son titre, A l’ouest de Pluton n’a rien d’un film de science-fiction. Au contraire, il évoque une race qui a inspiré deux des meilleures comédies des dix-huit derniers mois: les ados.
Sorte de Beaux gosses au Québec, cet ovni partage trois qualités essentielles avec le carton de Riad Sattouf. D’abord, une mise en scène soignée avec une bonne idée à chaque plan. Ensuite, une évidente tendresse dans la manière, certes parfois féroce, de croquer ces adultes en devenir. Enfin, cette capacité à fédérer un public intergénérationnel. Car cette comédie devrait faire mouche. Aussi bien auprès des spectateurs qui n’ont jamais payé leur bière qu’en euros que chez leurs parents qui ont vécu ce temps où le téléphone était relié à un fil.
Véritable petite jouissance, A l'ouest de Pluton raconte une journée de la vie de Pierre-Olivier (qui ne supporte pas que Pluton ne soit plus considérée comme une planète), de Jérôme (le timide de service), de Nicolas et Steve (dont la principale préoccupation est de trouver un nom au groupe punk qu’ils viennent de fonder).
Alors que les Beaux gosses de Sattouf étaient surtout portés sur le sexe, au risque que le film les fasse passer pour de gros obsédés, A l’ouest de Pluton va plus loin et pointe parfaitement le grand point commun entre l’ado et le cosmonaute: la capacité d’adaptation à n’importe quel environnement hostile (les fêtes de famille, l’école). Ce qui génère la majorité des scènes de cette totale réussite, supplantant n’importe quelle comédie américaine les doigts dans l’acnez.
En fait, on aurait même presque envie de parler de résistance face aux blockbusters sans âme qui squattent inutilement les salles, tant ce film compense un budget visiblement étriqué (tous les acteurs sont des amateurs) par une émotion et une sincérité qui inondent chaque plan. "L’adolescence est une période très riche en expériences nouvelles, donc très cinématographique, explique Myriam Verreault, coréalisatrice. Un couple qui fait l’amour, c’est commun. Mais quand c’est la première fois, c’est un événement et c’est unique." Et c’est en restituant parfaitement ce genre de moments fondateurs avec humour et empathie que ce Pluton arrive à dévoiler la face cachée des ados. Car on est (déjà) sérieux quand on a 17 ans. Et ce long métrage l’a parfaitement compris. - F.V.
A l'ouest de Pluton
Réalisé par Henry Bernardet et Myriam Verreault (2008).
Avec David Bouchard, Anne-Sophie Tremblay-Lamontagne, Alexis Drolet.
Sortie le 1/9 - 95’.
Notre avis: 3 étoiles
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