Un Avatar et ça repart!

Un Avatar et ça repart!
cinema08/09/2010 07h10

Pour Picasso, la période bleue fut un moment de grande pauvreté. En effet, ses moyens financiers ne lui permettaient pas d'acheter plusieurs couleurs différentes. Chez James Cameron, c'est exactement l'inverse.

Pour Picasso, la période bleue fut un moment de grande pauvreté. En effet, ses moyens financiers ne lui permettaient pas d’acheter plusieurs couleurs différentes. Chez James Cameron, c’est exactement l’inverse.

Car, plus encore que son insubmersible carton (Titanic, un milliard de dollars au box-office), c’est le monde bleu d’Avatar qui a davantage affolé le disque dur de son banquier (plus de deux milliards, cette fois) et l’Académie des oscars (neuf nominations dont trois statuettes). Aussi bon cinéaste que businessman, le réalisateur américain ne s’arrête pas en si bon chemin: avant les prochaines éditions DVD, les deux épisodes suivants sur grand écran (2014 et 2016) et un roman qui serait la prequel de l’histoire, Avatar ressort en salles sous forme d’une Special Edition pourvue d’une dizaine de minutes supplémentaires. Et surtout d’un mixage sonore relifté et décoiffant.

Premier constat: contrairement à The Abyss où il avait cédé à la tentation de la version alternative, Cameron ne touche pas à son histoire de base (chargé d'infiltrer le peuple Na’vi pour mieux pomper ses ressources naturelles, l’ex-marine Jake Sully, dans la peau d'un avatar, finit par tomber amoureux de la fille du chef de la tribu et changer de camp). Mais ces quelques rallonges disséminées avec parcimonie confèrent à la saga un supplément d’émotion (la mort de Tsu’tey, le promis de la belle), d’action (des monstres en plus), de clarification (on comprendra encore mieux pourquoi les Na'vi parlent anglais) et de sensualité (quatre secondes d’étreintes très sages entre les deux tourtereaux). Bref, s’ils ne sont pas essentiels au récit, ces instants de bonheur supplémentaire ne sentent pas l’imbrication forcée non plus. On irait même jusqu’à dire que les scènes concernées gagnent en fluidité.

Cette nouvelle mouture en vaut-elle la peine? Avatar: Special Edition ne s’adresse pas à ceux qui ont aimé le film sans pour autant en faire leur pellicule de chevet. Il cible surtout trois types de spectateurs: les hyper-fans, les curieux qui n’ont pas encore découvert cet univers et profiteront de cette sortie pour s’immerger dans une inoubliable expérience et ceux qui ont acheté le DVD mais qui souhaitent bénéficier de conditions de vision à la hauteur de l’esthétisme et des effets spéciaux de ce film qui marque un tournant dans l’histoire du cinéma. Par son esthétisme formel, ses avancées technologiques et ses thèmes (l’écologie, la cupidité, la "war on terror"), maux bleus de James Cameron. - F.V.

Avatar: Special Edition
Réalisé par James Cameron (2009).
Avec Sam Worthington, Zoe Saldana, Sigourney Weaver.
Sortie le 8/9 - 169’.
Notre avis: 3 étoiles

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